Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), le Groupe de la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (BID) renforcent leur coopération autour du suivi et de la mise en œuvre des projets de développement en Afrique. Les trois institutions ont organisé, les 31 août et 1er septembre 2026 à Nairobi, au Kenya, un dialogue de haut niveau et un atelier consacré à la conception d’un programme de formation dans le cadre de la plateforme PIUneer.
Cette initiative entend répondre à un enjeu récurrent des projets de développement : mieux transformer les investissements et les décisions en résultats mesurables sur le terrain.
PIUneer pour harmoniser le suivi des projets
La plateforme PIUneer, pour Project Implementation Units for Results, réunit des banques multilatérales de développement et leurs partenaires autour d’un objectif commun : renforcer les capacités des Unités de mise en œuvre des projets (PIU) et améliorer la manière dont les résultats de développement sont mesurés et obtenus.
L’une des ambitions affichées est de réduire la fragmentation des systèmes de suivi des résultats utilisés par les différentes institutions. PIUneer doit notamment contribuer à l’élaboration de normes communes, tout en favorisant une meilleure connexion avec les systèmes nationaux.
La plateforme mise également sur les nouvelles technologies et sur le renforcement des compétences des professionnels chargés du suivi des résultats. L’accompagnement doit notamment passer par le mentorat, la formation et les échanges entre pairs, afin d’améliorer la prise de décision au cours de la mise en œuvre des projets.
Le suivi-évaluation au cœur du programme
Le futur programme de formation développé dans le cadre de PIUneer couvre plusieurs domaines considérés comme essentiels à une meilleure gestion des projets.
Il comprend notamment les fondamentaux du suivi-évaluation, les approches de mise en œuvre, les sciences comportementales et la science des données. Il intègre également des technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle, les données géospatiales et les plateformes numériques.
L’objectif est ainsi de rapprocher les compétences techniques, les données disponibles et les décisions opérationnelles afin de renforcer l’efficacité des interventions de développement.
L’emploi des jeunes, un défi majeur pour l’Afrique
Le dialogue de Nairobi a également placé la question de l’emploi des jeunes au centre des discussions sur l’avenir du développement africain.
John Mbadi, secrétaire d’État au Trésor national et à la Planification économique du Kenya, a notamment souligné la pression exercée par la croissance démographique sur le marché du travail. Il a relevé que de nombreux jeunes sortent chaque année des universités et des établissements d’enseignement supérieur alors que les opportunités d’emploi restent limitées.
Cette problématique a été également évoquée par Ndiame Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe. Selon lui, 360 millions de jeunes Africains atteindront l’âge de travailler au cours des dix prochaines années, alors qu’environ 150 millions d’emplois seulement seraient actuellement projetés sur la même période.
Ces données illustrent l’importance de renforcer la capacité des projets de développement à produire des résultats concrets, notamment en matière de création d’emplois et d’inclusion économique.
La mise en œuvre doit traduire les investissements en résultats
Pour Armand Nzeyimana, directeur du Département de l’impact sur le développement et des résultats de la BAD, l’enjeu consiste désormais à mieux relier les ambitions de développement aux résultats effectivement obtenus.
Il a insisté sur la nécessité de transformer les décisions d’investissement en résultats mesurables et ayant un impact concret pour les populations africaines. Il a également souligné l’importance d’investir dans les institutions et les ressources humaines, notamment dans leurs capacités à planifier, hiérarchiser les priorités, mettre en œuvre les projets, mesurer les résultats et utiliser les données probantes.
Cette approche place donc les capacités institutionnelles et humaines au même niveau que les ressources financières dans la recherche d’une meilleure efficacité des projets.
Vers une approche commune entre les partenaires
De son côté, Syed Husain Quadri, directeur des partenariats, du plaidoyer mondial et de la mobilisation des ressources à la Banque islamique de développement, a appelé à privilégier une approche davantage pilotée par les pays.
L’enjeu est notamment d’éviter la multiplication des cadres de résultats, des tableaux de bord et des mécanismes d’assurance entre les différents partenaires intervenant sur un même projet. Une harmonisation des méthodes doit permettre de limiter les coûts liés à cette fragmentation.
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Des déploiements régionaux annoncés en Afrique
L’atelier organisé à Nairobi constitue le point de départ d’une série d’engagements PIUneer et de déploiements régionaux à travers l’Afrique.
À son terme, les participants sont parvenus à une vision commune concernant la structure du programme de formation, les compétences prioritaires, le modèle d’apprentissage ainsi que les prochaines étapes de l’initiative.
Avec PIUneer, les partenaires du développement cherchent ainsi à rapprocher financement, données, compétences et mise en œuvre, dans le but d’améliorer le suivi des projets et de renforcer la capacité des interventions financées à produire des résultats de développement mesurables en Afrique.







