UEMOA : les flux d’IDE reculent de 16,8 % en 2024
Les investissements directs étrangers (IDE) vers les pays de l’UEMOA ont enregistré un net ralentissement en 2024. Selon les données de la BCEAO établies à partir des statistiques de la CNUCED, les flux nets d’IDE se sont établis à 4 599,1 milliards de FCFA, contre 5 526,0 milliards de FCFA en 2023, soit une baisse de 16,8 %.
Cette évolution s’explique notamment par l’achèvement de plusieurs grands projets miniers, pétroliers et gaziers dans l’Union.
La fin de plusieurs grands projets pèse sur les flux
Le recul des IDE intervient dans un contexte marqué par la fin de l’exécution de plusieurs investissements majeurs.
La BCEAO cite notamment la construction du pipeline Niger-Bénin, les projets pétroliers Sangomar et gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) au Sénégal, ainsi que les travaux d’extension du champ pétrolier Baleine en Côte d’Ivoire.
Ces grands projets avaient contribué à soutenir les entrées de capitaux dans l’Union au cours des années précédentes. Leur arrivée à terme a donc mécaniquement réduit les nouveaux flux d’investissements directs en 2024.
Rapportés à la taille de l’économie, les flux nets d’IDE ont ainsi représenté 3,4 % du PIB de l’UEMOA en 2024, contre 4,5 % en 2023.
À titre de comparaison, les flux d’IDE ont représenté 1,7 % du PIB en Afrique et 1,2 % du PIB dans l’ensemble des pays en développement en 2024.
Les industries extractives concentrent plus de la moitié des IDE
Au-delà des flux annuels, la structure de l’encours des IDE reçus par l’UEMOA à fin 2024 confirme le poids important des activités extractives.
Les titres de participation représentent 50,1 % de cet encours, contre 49,9 % pour les instruments de dette.
Par secteur, les industries extractives concentrent 52,6 % du stock d’IDE reçu dans l’Union. Elles sont suivies par :
- l’intermédiation financière, les assurances et les retraites : 16,9 % ;
- les industries manufacturières : 8,6 % ;
- le commerce : 5,4 % ;
- le transport : 4,7 % ;
- la communication : 3,6 % ;
- la construction : 3,4 %.
- Autres secteurs : 4,8%
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Cette répartition met ainsi en évidence la forte concentration des capitaux étrangers dans les activités liées aux ressources naturelles, malgré la présence significative des services financiers et des industries manufacturières.
La France et le Canada en tête des investisseurs
Du côté de l’origine géographique des capitaux, la France demeure le principal investisseur dans l’espace UEMOA, avec 17,0 % des capitaux d’investissement direct reçus à fin 2024.
Le Canada arrive en deuxième position avec 15,3 %, devant les Pays-Bas (5,2 %) et l’Afrique du Sud (4,9 %).
Le Maroc représente pour sa part 4,4 % des capitaux, suivi des Îles Vierges britanniques (3,1 %), de la Chine (2,9 %), du Royaume-Uni (2,8 %), de l’Australie (2,6 %) et de la Turquie (2,1 %).
Une baisse des flux, mais un stock toujours fortement orienté vers les secteurs stratégiques
Le recul de 16,8 % des flux nets d’IDE en 2024 traduit principalement la fin de plusieurs investissements de grande ampleur. Il ne remet toutefois pas en cause le poids des capitaux étrangers déjà présents dans l’économie de l’UEMOA.
Avec plus de la moitié de l’encours concentrée dans les industries extractives, la structure des IDE reçus par l’Union reste fortement liée aux ressources naturelles, tandis que les secteurs financier, manufacturier, commercial et des infrastructures captent également une part importante des capitaux étrangers.







