BOAD et BAD veulent donner une nouvelle dimension au financement du développement dans l’UEMOA
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque africaine de développement (BAD) veulent approfondir leur coopération autour de la Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement (NAFAD). Les deux institutions ont tenu, le 10 septembre, une séance de travail consacrée aux orientations de cette initiative dans l’espace UEMOA.
La rencontre traduit une volonté commune d’adapter les mécanismes de financement du développement aux besoins croissants des économies ouest-africaines, alors que le continent cherche à mobiliser davantage de ressources domestiques et internationales pour financer ses infrastructures, son industrialisation et ses secteurs prioritaires.
Une approche « bottom up » pour définir les priorités
Les échanges entre la BOAD et la BAD ont notamment porté sur les grandes orientations de la NAFAD dans la zone UEMOA.
Les deux institutions ont retenu une démarche « bottom up », destinée à faire remonter les propositions et les réalités observées directement par les équipes de terrain.
Cette approche présente un intérêt stratégique : plutôt que de définir les priorités exclusivement au niveau institutionnel, elle vise à intégrer davantage les contraintes rencontrées dans la mise en œuvre des projets et les besoins réels des économies de l’Union.
À terme, l’ambition est de faire émerger des mécanismes de financement davantage orientés vers les résultats de développement et l’impact concret des investissements.
La NAFAD veut changer d’échelle
La Nouvelle Architecture Financière Africaine pour le Développement s’inscrit dans une réflexion plus large sur la capacité du continent à financer ses propres transformations économiques.
L’objectif est de faire évoluer le paysage financier africain vers un écosystème plus intégré, plus efficace et capable de mobiliser des capitaux à grande échelle en direction des secteurs prioritaires.
Pour l’UEMOA, l’enjeu est particulièrement important. Les besoins de financement des économies de l’Union dépassent largement les capacités des budgets publics et nécessitent une mobilisation coordonnée des banques de développement, des investisseurs privés et des marchés financiers.
La coopération entre la BOAD et la BAD pourrait ainsi contribuer à mieux articuler les différents instruments disponibles : financement de projets, investissements, assistance technique et mobilisation du secteur privé.
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Une logique désormais centrée sur l’impact
L’un des éléments importants de cette coopération réside dans l’accent mis sur les résultats « impact driven ».
L’objectif ne serait donc plus uniquement de mesurer les montants engagés ou décaissés, mais également de mieux apprécier les effets économiques et sociaux des financements.
Cette orientation peut notamment conduire à renforcer le suivi des projets, l’évaluation de leur impact et la sélection des investissements en fonction de leur contribution aux priorités de développement.
Pour les économies de l’UEMOA, cela représente un enjeu majeur à l’heure où les ressources financières sont limitées et où chaque investissement doit produire un effet économique suffisamment important.
La BAD, un partenaire historique de la BOAD
La BAD occupe une position particulière dans cette dynamique. Actionnaire de la BOAD, elle entretient avec l’institution ouest-africaine un partenariat de longue date.
Au fil des années, la BAD a apporté à la BOAD différents concours financiers ainsi que des programmes d’assistance technique. Ces interventions ont contribué au renforcement des capacités de la banque et à son alignement progressif sur les standards internationaux.
Cette relation institutionnelle constitue donc une base solide pour approfondir la coopération autour de la NAFAD.
La délégation de haut niveau de la BAD présente lors de la rencontre était composée de Didier Acouetey, Senior Advisor au Cabinet du Président chargé du développement du secteur privé et de la NAFAD, Ahmed Attout, Directeur du département du développement du secteur financier, et Aïcha Oumarou, Chargée d’investissement.
Un enjeu : mieux mobiliser les capitaux pour transformer l’UEMOA
Derrière le rapprochement entre les deux institutions se dessine une problématique fondamentale pour l’Afrique de l’Ouest : comment passer d’une logique de financement de projets à une véritable architecture capable de mobiliser des capitaux à grande échelle ?
La réponse passe notamment par une meilleure coopération entre les institutions financières africaines, le développement du secteur privé, l’approfondissement des marchés de capitaux et l’amélioration de la capacité des banques de développement à attirer des ressources supplémentaires.
Dans cette perspective, la BOAD dispose d’un rôle central dans l’UEMOA en raison de son ancrage régional et de sa capacité à financer des projets structurants dans les États membres.
La BAD, de son côté, apporte une dimension continentale et une expertise dans la mobilisation des investissements privés et le développement des systèmes financiers.
BOAD-BAD : vers une alliance plus structurante
La séance du 10 septembre apparaît ainsi comme davantage qu’une simple réunion institutionnelle. Elle traduit la volonté de la BOAD et de la BAD de rapprocher leurs approches pour construire une réponse financière mieux adaptée aux ambitions de développement de l’UEMOA.
La démarche « bottom up » pourrait permettre de mieux intégrer les réalités du terrain dans la conception des futures orientations de la NAFAD.
À terme, l’objectif est de faire émerger des financements davantage orientés vers l’impact, capables de soutenir les secteurs stratégiques tout en attirant de nouvelles catégories de capitaux.
Pour l’UEMOA, le véritable enjeu sera désormais de transformer cette convergence institutionnelle en instruments financiers concrets, capables de financer davantage de projets structurants et d’accélérer la transformation économique de la région.







