La Banque africaine de développement (BAD) veut accélérer les investissements coréens dans les secteurs stratégiques africains. À Séoul, l’institution a présenté, le 8 septembre 2026, cinq projets régionaux consacrés aux minéraux critiques, ainsi que ses mécanismes de garantie et de cofinancement destinés à réduire les risques pour les investisseurs.
La présentation, conduite par le président de la BAD, Sidi Ould Tah, s’est déroulée lors du Dialogue de haut niveau Corée-Afrique sur l’investissement, les minerais critiques et les chaînes de valeur durables.
L’Afrique veut transformer ses minerais
Les minéraux critiques occupent une place croissante dans les stratégies industrielles mondiales. Ils sont indispensables à la fabrication de nombreuses technologies et à la transition énergétique.
Pour la BAD, l’enjeu pour l’Afrique est désormais de ne plus se limiter à l’exportation de matières premières brutes.
Le continent souhaite développer davantage les activités de transformation, de raffinage et de production industrielle, afin de créer des emplois et de conserver une part plus importante de la valeur ajoutée sur son territoire.
« L’ambition de l’Afrique est de transformer davantage, de raffiner davantage, de produire davantage », a souligné Sidi Ould Tah.
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Cinq projets régionaux mis sur la table
Au cours de la rencontre, la BAD a présenté aux investisseurs coréens cinq projets régionaux de mise en valeur des minéraux critiques, couvrant plusieurs régions du continent.
L’objectif est de transformer l’intérêt croissant pour les ressources africaines en investissements concrets dans les infrastructures, l’exploitation minière et surtout les chaînes de valeur industrielles associées.
La Banque entend ainsi jouer un rôle d’intermédiaire entre les besoins de financement du continent et les capacités technologiques et financières des entreprises coréennes.
Des garanties pour réduire les risques
L’un des principaux obstacles aux investissements en Afrique reste la perception du risque.
Pour y répondre, la BAD a présenté ses différents instruments de garantie, de cofinancement et d’atténuation des risques. Ces mécanismes doivent améliorer la bancabilité des projets et faciliter la mobilisation de capitaux privés.
L’institution a notamment mis en avant la Plateforme panafricaine de garantie (PAGP), développée dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine pour le développement.
Cette plateforme doit contribuer à mettre en place un mécanisme continental de partage des risques et à mobiliser davantage de capitaux privés vers les projets africains.
Les entreprises coréennes affichent leur intérêt
Les investisseurs coréens présents à Séoul ont exprimé leur intérêt pour plusieurs secteurs africains.
Un acteur de l’énergie et des énergies renouvelables a notamment présenté ses projets sur le continent et souhaité obtenir davantage d’informations sur les perspectives du marché électrique africain.
Un opérateur ferroviaire s’est également intéressé au rôle que pourrait jouer la BAD dans l’harmonisation des cadres réglementaires et l’amélioration de l’environnement destiné aux investissements étrangers.
Les discussions ont également porté sur les infrastructures, l’industrie manufacturière, les technologies numériques et l’intelligence artificielle.
Un partenariat Corée-Afrique à renforcer
Cette offensive intervient dans le cadre de la 8e Conférence ministérielle de la Coopération économique Corée-Afrique (KOAFEC), organisée à Séoul jusqu’au 11 septembre.
Lancée en 2006, la conférence célèbre cette année vingt ans de coopération renforcée entre la Corée et l’Afrique à travers la BAD.
Pour l’institution panafricaine, ce partenariat doit désormais franchir une nouvelle étape : passer du dialogue à la réalisation de projets.
La Corée dispose de capacités importantes dans les domaines technologique, industriel et financier, tandis que l’Afrique possède d’importantes ressources naturelles et un marché en pleine expansion.
De l’extraction à la création de valeur
La BAD veut donc rapprocher ces deux potentiels afin de favoriser une industrialisation davantage portée par les ressources africaines.
La priorité ne consiste plus seulement à attirer des capitaux vers les activités extractives, mais à financer les infrastructures, les capacités de transformation et les industries qui permettront de créer davantage de valeur localement.
Avec ses mécanismes de garantie et de cofinancement, la BAD cherche ainsi à réduire les risques et à rendre les projets africains plus attractifs pour les investisseurs coréens.
L’enjeu est désormais de transformer les cinq projets présentés à Séoul et les nombreuses autres opportunités identifiées en investissements concrets, capables de renforcer les chaînes de valeur africaines et de soutenir une prospérité davantage partagée.







