Ecobank Côte d’Ivoire a poursuivi sa croissance au premier semestre 2026, mais la hausse des risques de crédit a pesé sur ses performances financières. Le bénéfice net de la banque a reculé de 8,6 % à fin juin, malgré la progression de ses revenus d’intérêts.
Le principal point de pression provient du coût du risque, qui a fortement augmenté sur la période.
Le coût du risque bondit de 642 %
Selon le rapport d’activités du premier semestre 2026, le coût du risque d’Ecobank Côte d’Ivoire est passé de 700 millions de FCFA à fin juin 2025 à 5,197 milliards de FCFA un an plus tard.
Cette hausse représente une progression spectaculaire de 642,4 %. Elle correspond notamment aux charges liées aux provisions constituées pour couvrir les risques de crédit.
Cette évolution a directement affecté les résultats de la banque. Le résultat d’exploitation est ainsi passé de 34 milliards à 29,9 milliards de FCFA, soit une baisse de 12 %.
Le résultat avant impôt recule dans les mêmes proportions, à 29,89 milliards de FCFA, contre 33,98 milliards un an auparavant.
Le bénéfice net recule à 26,41 milliards FCFA
La rentabilité d’Ecobank CI s’en trouve également affectée. Le résultat net s’établit à 26,41 milliards de FCFA au 30 juin 2026, contre 28,90 milliards de FCFA à la même période de 2025.
La banque accuse ainsi une baisse de 2,50 milliards de FCFA, soit 8,6 % sur un an.
La direction explique cette progression du coût du risque par la gestion du portefeuille de crédits et l’anticipation des risques. Ecobank CI indique par ailleurs maintenir un taux de couverture de 90 % des créances en souffrance.
Les créances en souffrance augmentent de 21,5 %
La hausse du coût du risque intervient dans un contexte de progression des créances en souffrance.
Ces créances, qui présentent un risque avéré de non-remboursement, atteignent 45,3 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 37,3 milliards un an auparavant. Elles progressent ainsi de 21,5 %.
Dans le même temps, les provisions constituées sur ces créances sont passées de 35,7 à 41,1 milliards de FCFA, soit une hausse de 15,1 %.
Cette évolution constitue un point de vigilance pour la banque au second semestre, alors que la qualité du portefeuille de crédits devra faire l’objet d’une surveillance accrue.
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La marge nette d’intérêts soutient les revenus
Malgré ces difficultés, l’activité bancaire courante reste bien orientée.
Le produit net bancaire (PNB) atteint 64,1 milliards de FCFA au premier semestre 2026, contre 62,8 milliards un an auparavant, soit une progression de 2 %.
La principale contribution provient de la marge nette d’intérêts, qui augmente de 14,5 % pour atteindre 49,7 milliards de FCFA.
Cette performance est toutefois atténuée par le recul des revenus hors intérêts. Ceux-ci diminuent de 25,9 %, à 14,4 milliards de FCFA.
Les résultats liés au portefeuille de négociation ont notamment basculé d’un gain net de 4,16 milliards de FCFA à une perte nette de 1,98 milliard de FCFA.
Parallèlement, les charges d’exploitation progressent de 2,9 %, pour atteindre 29 milliards de FCFA.
Les dépôts progressent plus vite que les crédits
Le bilan d’Ecobank CI fait également ressortir une progression plus rapide des dépôts que des crédits.
Les dépôts de la clientèle atteignent 1 754,7 milliards de FCFA, en hausse de 15,1 % sur un an.
Les crédits nets, eux, s’établissent à 946,8 milliards de FCFA, soit une progression limitée à 2,4 %.
Cette dynamique permet à la banque de renforcer ses ressources disponibles, mais l’évolution de la qualité de son portefeuille de crédits restera déterminante pour ses résultats futurs.
Le second semestre sous surveillance
Ecobank Côte d’Ivoire conserve une rentabilité importante malgré le recul de son bénéfice. Le ROE, qui mesure le rendement des capitaux propres, passe toutefois de 31,4 % à 26,9 %, tandis que le ROA recule de 3 % à 2,5 %.
Pour le second semestre 2026, l’évolution du coût du risque sera donc un indicateur majeur. La capacité de la banque à maîtriser les créances en souffrance et les charges de provision, tout en maintenant la progression de sa marge nette d’intérêts, sera déterminante pour préserver sa rentabilité.







