Mali : Bamako veut accélérer les projets de la Banque mondiale
Le gouvernement malien souhaite accélérer la mise en œuvre des projets financés par la Banque mondiale, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et du capital humain. Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a formulé cette demande mardi lors d’un entretien avec Nicola Pontara, nouveau directeur de division de la Banque mondiale pour le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad.
Il s’agissait de la première rencontre de Nicola Pontara avec le Premier ministre malien depuis sa prise de fonction le 1er juillet 2026. Selon le gouvernement, les échanges ont porté sur la mise en place d’un dialogue plus étroit, orienté vers les résultats.
Trois secteurs prioritaires
Les discussions ont permis de retenir trois principaux axes d’intervention : le développement du capital humain, l’amélioration de l’accès à une énergie fiable et l’accroissement de la productivité agricole.
Abdoulaye Maïga a également souhaité une meilleure articulation des interventions de la Banque mondiale avec la vision nationale de développement à l’horizon 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable 2024-2033.
La situation sécuritaire demeure toutefois un facteur de ralentissement pour certains projets. Dans plusieurs zones, les déplacements, le suivi des travaux et l’acheminement des équipements restent difficiles en raison des risques sécuritaires.
L’entretien a porté sur le portefeuille de projets en cours. Aucun nouveau financement n’a été annoncé à l’issue de la rencontre.
Un portefeuille de 1,8 milliard de dollars
Le Cadre de partenariat 2026-2031, lancé en avril, recense neuf opérations nationales et huit programmes régionaux financés par l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale destiné aux pays à faible revenu.
Le montant cumulé de ces opérations atteint 1,803 milliard de dollars, dont 1,309 milliard de dollars pour les projets nationaux et 494 millions de dollars pour les programmes régionaux.
Ces montants correspondent à des financements déjà approuvés, dont les décaissements interviennent progressivement en fonction de l’avancement des projets. Selon le tableau du portefeuille publié par la Banque mondiale, environ 1,217 milliard de dollars restaient à décaisser au moment de l’établissement du document.
Une partie importante de ce solde concerne des opérations récemment approuvées et programmées sur plusieurs années.
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150 millions de dollars pour les services essentiels
Parmi les opérations figure un financement de 150 millions de dollars approuvé en mars 2026 pour contribuer au maintien des services essentiels dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
Le projet doit notamment bénéficier à 2,3 millions de personnes dans le secteur de la santé, dont 1,4 million de femmes et 391 395 enfants de moins de cinq ans.
Dans l’éducation, environ 1,1 million d’élèves doivent recevoir du matériel pédagogique, bénéficier d’aides à la scolarisation ou avoir accès aux examens nationaux.
L’énergie au cœur du portefeuille
Le secteur énergétique figure également parmi les priorités. En juin 2026, un financement supplémentaire de 35 millions de dollars a été approuvé pour le Projet d’amélioration du secteur de l’électricité.
Le portefeuille comprend par ailleurs plusieurs programmes régionaux consacrés notamment à l’accès à l’électricité, à l’interconnexion avec la Guinée, au pastoralisme et à la résilience des systèmes alimentaires.
L’IFC intervient auprès du secteur privé
Les interventions en faveur du secteur privé relèvent, de leur côté, de la Société financière internationale (IFC).
Au 30 mars 2026, ses engagements au Mali s’élevaient à 493,25 millions de dollars, répartis entre 16 projets. Ces interventions concernent principalement la finance, les télécommunications, les infrastructures, les services et l’agro-industrie.
La demande formulée par Bamako porte donc principalement sur l’accélération de l’exécution des financements déjà approuvés, alors que le Mali dispose d’un portefeuille de projets important et que les contraintes sécuritaires continuent de compliquer leur mise en œuvre dans certaines régions.







