La Société africaine de plantation d’hévéas (SAPH) a connu un net ralentissement de ses performances financières au premier semestre 2026. Cotée à la BRVM, la société basée à Abidjan a vu son résultat net s’effondrer de 88 %, dans un contexte marqué par la baisse des volumes vendus et du prix moyen de vente.
Le chiffre d’affaires recule de 19 %
Selon les données publiées par la société, le résultat net de la SAPH s’établit à 2,206 milliards de FCFA à fin juin 2026, contre 18,125 milliards de FCFA un an plus tôt.
Cette forte contraction ramène la marge nette à 2 %, contre 11 % au premier semestre 2025.
Le recul des bénéfices intervient alors que l’activité commerciale s’est également contractée. Le chiffre d’affaires atteint 138,173 milliards de FCFA, contre 171,364 milliards de FCFA au premier semestre 2025, soit une baisse de 19 %.
La direction explique cette évolution par une diminution de 10 % des volumes vendus, combinée à une baisse de 12 % du prix moyen de vente.
Les prix et les volumes pèsent sur les résultats
La SAPH attribue notamment cette évolution au décalage de facturation de certains contrats négociés pendant les phases de baisse du marché.
La société évoque également la réduction temporaire de certaines primes commerciales, liée au report de l’application de la norme européenne EUDR sur les produits associés à la déforestation.
Cette double pression, sur les quantités commercialisées et sur les prix, s’est directement répercutée sur la rentabilité opérationnelle de l’entreprise.
Le résultat d’exploitation chute ainsi de 82 %, passant de 26,380 milliards de FCFA au 30 juin 2025 à 4,718 milliards de FCFA un an plus tard.
Lire aussi : SAPH : un dividende de 12,5 milliards FCFA au titre de 2025
Le résultat des activités ordinaires plonge de 87 %
La dégradation des performances opérationnelles se reflète également dans le résultat des activités ordinaires.
Celui-ci s’établit à 3,111 milliards de FCFA, contre 24,622 milliards de FCFA au premier semestre 2025, soit une baisse de 87 %.
Le résultat financier affiche, en revanche, une évolution moins défavorable. Son déficit se réduit de 151 millions de FCFA, passant de -1,758 milliard à -1,607 milliard de FCFA sur la période.
Cette amélioration reste toutefois insuffisante pour compenser la forte détérioration de la performance opérationnelle.
SAPH mise sur le second semestre pour redresser ses marges
Malgré ce premier semestre difficile, la direction de la SAPH se montre relativement confiante pour la deuxième partie de l’année.
L’entreprise entend notamment profiter de prix plus soutenus et de volumes en hausse afin d’améliorer sa profitabilité au second semestre.
Cette ambition intervient alors que le marché international de l’hévéa reste soumis à des facteurs d’incertitude que la société considère désormais comme structurels. La concurrence sur le marché ivoirien constitue également un enjeu supplémentaire.
Pour préserver ses marges, SAPH entend poursuivre ses efforts de maîtrise des coûts de production et maintenir ses investissements stratégiques.
L’usine de Soubré au cœur de la stratégie
Parmi les projets prioritaires figure la finalisation de l’extension de l’usine de Soubré, ainsi que le déploiement de nouveaux sites d’approvisionnement et de production de matière première.
Ces investissements doivent permettre à la société de renforcer ses capacités et de sécuriser davantage son approvisionnement en caoutchouc.
La SAPH compte également sur l’entrée en application prévue au 30 décembre 2026 de la norme EUDR pour valoriser son positionnement sur le caoutchouc durable et premium.
Un second semestre décisif
Les résultats du premier semestre 2026 placent donc la SAPH face à un défi important : transformer l’amélioration attendue des prix et des volumes en reprise effective de la rentabilité.
Avec un résultat net passé de 18,125 à 2,206 milliards de FCFA en un an, la dégradation est particulièrement marquée. La capacité de l’entreprise à maîtriser ses coûts, à sécuriser ses volumes et à tirer profit d’un environnement de prix plus favorable sera déterminante pour la suite de l’exercice.







