Après la promulgation de la loi n°26/034 du 20 août 2026 encadrant les marchés boursiers, la RDC fixe un objectif de premières opérations à la future Bourse de Kinshasa entre juin et décembre 2027. La réussite de ce calendrier dépend de la mise en place du régulateur, des infrastructures de marché et de l’attraction des premiers émetteurs.
Le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé un objectif de premières opérations de cotation et de transaction entre juin et décembre 2027 à la future Bourse de Kinshasa. Cette fenêtre a été dévoilée quelques jours après la publication au Journal officiel de la loi n°26/034 du 20 août 2026 relative aux marchés boursiers, texte qui dote le pays du cadre juridique nécessaire à l’ouverture d’un marché financier.
Cadre légal en place, institutions à bâtir
La loi prévoit la création d’une Bourse des valeurs mobilières afin de permettre aux entreprises et à l’État de lever des capitaux par l’émission d’actions et d’obligations. Avant toute cotation, le gouvernement doit constituer un comité de projet chargé de définir la feuille de route et superviser les étapes de mise en œuvre de la Kinshasa Stock Exchange.
La République démocratique du Congo devra aussi déployer l’Autorité de régulation des marchés financiers, ARMF, responsable de la supervision du marché et de l’élaboration du règlement général applicable aux opérations boursières. La future Bourse devra obtenir son agrément, un dispositif de post-marché devra être opérationnel avec un dépositaire central des titres et des banques de règlement, et les infrastructures numériques de cotation et de règlement-livraison devront être reliées au système national de paiement placé sous la supervision de la Banque centrale du Congo.
Diversifier les financements et canaliser l’épargne
Pour les autorités, le marché boursier doit compléter les crédits bancaires et les financements internationaux en offrant aux entreprises un accès direct à l’épargne. La loi introduit des mesures d’incitation fiscale, dont une réduction du taux de l’impôt sur les bénéfices et profits pour les sociétés cotées à la Bourse de Kinshasa. L’exécutif met en avant une réforme destinée à soutenir une croissance portée par l’investissement local et à ouvrir des opportunités d’épargne et d’investissement aux résidents.
Les minières en première ligne
Le secteur minier pourrait figurer parmi les premiers candidats à la cotation. En juillet, le ministre des Finances avait indiqué à Bloomberg que des entreprises minières pourraient être ciblées pour amorcer la cote. Dans cette perspective, une inscription locale offrirait aux investisseurs congolais un accès aux actions de sociétés opérant dans le pays, tout en diversifiant les sources de capitaux pour ces entreprises.
Appui de la SFI et extension aux marchandises
Le projet bénéficie d’un accompagnement de la Société financière internationale, SFI, à la suite d’un partenariat signé en juin 2026 pour soutenir la création de la première Bourse des valeurs mobilières de la RDC. Sur le plan législatif, le texte a été approuvé en Conseil des ministres en avril 2025, adopté par l’Assemblée nationale le 5 juin, puis examiné par le Sénat avant sa promulgation. La nouvelle loi prévoit également la mise en place d’une bourse des marchandises dédiée aux produits agricoles, miniers et industriels.
Un calendrier sous conditions
Si l’objectif de premières cotations entre juin et décembre 2027 est désormais posé, sa concrétisation dépend de la capacité à rendre opérationnelles les institutions de régulation, à finaliser les infrastructures techniques et à attirer des émetteurs ainsi que des investisseurs. Avec la publication de la loi, la RDC dispose du socle légal pour avancer vers l’ouverture de son marché financier, mais la séquence à venir reste déterminante pour tenir l’échéance annoncée.







