Cameroun : près de 7 milliards $ d’opportunités avec les États-Unis
Le Cameroun pourrait attirer près de 7 milliards de dollars, soit environ 4 000 milliards de FCFA, d’investissements et de projets portés par des entreprises américaines. Les opportunités identifiées concernent notamment l’énergie, les mines, les infrastructures de transport, les technologies numériques, la foresterie et la logistique.
Ce portefeuille de projets a été présenté à l’occasion du premier dialogue économique et commercial bilatéral entre les États-Unis et le Cameroun, organisé le 27 août 2026 à Yaoundé.
La rencontre vise à instaurer un cadre plus structuré pour faciliter les investissements et le commerce entre les deux pays. Des groupes de travail conjoints doivent être mis en place afin de poursuivre les discussions et de lever les principaux obstacles à l’investissement. Une nouvelle session est prévue aux États-Unis en 2027.
Une centrale hydroélectrique de 3 milliards de dollars
Le plus important projet identifié concerne l’énergie. Il s’agit de la centrale hydroélectrique de Grand Eweng, sur le fleuve Sanaga, dont la capacité prévue atteint 1 080 MW.
Le projet, évalué à environ 3 milliards de dollars, est porté notamment par Hydromine, entreprise new-yorkaise spécialisée dans les infrastructures. Son développement s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé au Cameroun.
La réalisation de cette infrastructure pourrait contribuer à renforcer l’offre énergétique du pays et à soutenir l’industrialisation, dans un contexte où la disponibilité et la fiabilité de l’électricité constituent des enjeux importants pour les entreprises.
Un projet d’aéroport de 2 milliards de dollars
Les infrastructures de transport constituent un autre axe majeur de cette coopération économique.
A. Epstein and Sons International, basée dans l’Illinois, et son partenaire financier ITF discutent d’un projet d’aéroport évalué à 2 milliards de dollars dans la région métropolitaine de Douala.
La société américaine poursuit également un projet de 230 millions de dollars consacré à la construction de salles de spectacle modernes à Yaoundé, Douala et Bamenda.
Ces différents projets illustrent l’intérêt d’investisseurs américains pour les infrastructures camerounaises, au-delà des secteurs traditionnellement associés aux relations économiques entre les deux pays.
Les minerais critiques attirent les investisseurs américains
Le secteur minier occupe également une place importante dans le portefeuille d’opportunités.
Tronox, basée dans le Connecticut, et Lion Rock, en Australie, sont associées à un projet d’exploitation du rutile, dont la valeur est estimée à environ 500 millions de dollars. Le projet reste toutefois à un stade préliminaire, avec des travaux d’exploration encore en cours.
Parallèlement, American Renaissance Minerals (ARM), basée à Washington, D.C., discute du développement du gisement de cobalt-nickel-manganèse de Nkamouna. L’investissement initial envisagé est estimé à 85 millions de dollars.
Le projet n’a cependant pas encore obtenu de nouveau permis d’exploitation minière. Les discussions entre les deux gouvernements portent notamment sur les réformes susceptibles d’améliorer l’environnement opérationnel des investisseurs dans le secteur.
La question des minéraux critiques apparaît ainsi comme un nouveau terrain de convergence entre Washington et Yaoundé, dans un contexte mondial marqué par une demande croissante pour ces ressources stratégiques.
Le numérique et l’intelligence artificielle entrent dans le portefeuille
La coopération envisagée ne se limite pas aux secteurs traditionnels. La société américaine Cybastion, basée en Virginie, a annoncé un projet de 75 millions de dollars à Douala, comprenant notamment un centre de données doté de capacités d’intelligence artificielle et une centrale électrique.
La fintech new-yorkaise Azamra cherche, de son côté, à faciliter les investissements de la diaspora camerounaise et à développer les paiements numériques transfrontaliers.
Ces initiatives pourraient contribuer à renforcer les infrastructures numériques du pays tout en facilitant la mobilisation de l’épargne de la diaspora vers l’économie camerounaise.
Logistique, équipements et foresterie également concernés
D’autres projets portent sur les équipements et la chaîne logistique.
Hoffman Equipment, basée dans le New Jersey, est notamment en discussion pour une transaction de 83 millions de dollars destinée à soutenir la construction d’infrastructures et la formation technique.
Dans le transport aérien et la logistique, FedEx et son partenaire Globex Cameroun travaillent à l’élaboration d’un cadre pour la mise en place d’un entrepôt à l’aéroport international de Douala.
Le secteur forestier fait également partie des domaines concernés. Taylor Guitars, entreprise californienne, poursuit avec son partenaire local Crelicam son approvisionnement en bois d’ébène camerounais.
Washington et Yaoundé veulent faciliter les investissements
Le dialogue économique du 27 août a réuni les délégations conduites par Alamine Ousmane Mey, ministre camerounais de l’Économie, de la Planification et du Développement régional, et Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe américaine.
Les discussions se sont articulées autour de trois priorités : l’amélioration du climat des affaires et de l’investissement, la promotion des partenariats et des investissements, ainsi que le développement du commerce bilatéral et de l’accès aux marchés.
La fiscalité, les douanes, l’énergie, la logistique, les mines, l’agro-industrie, la transformation locale, les technologies numériques et les infrastructures ont également été abordées.
Pour le MINEPAT, le nouveau mécanisme institutionnel doit contribuer à promouvoir l’investissement, faciliter les échanges commerciaux et favoriser davantage de création de valeur au Cameroun.
Si les projets identifiés se concrétisent, le portefeuille de près de 7 milliards de dollars pourrait constituer un apport significatif de capitaux privés dans plusieurs secteurs stratégiques. Mais l’enjeu sera désormais de transformer ces opportunités annoncées en investissements effectivement réalisés, avec des retombées durables en matière d’énergie, d’infrastructures, d’emplois, de transformation locale et de développement du secteur privé.







