La Guinée réorganise son dispositif de coordination gouvernementale pour accélérer la mise en œuvre des projets structurants du Programme Simandou 2040. Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a présenté vendredi à Conakry une nouvelle architecture reposant sur quatre pôles interministériels.
Cette réorganisation vise à renforcer la cohérence de l’action publique, à améliorer le suivi des priorités gouvernementales et surtout à faciliter l’exécution des projets liés à Simandou 2040.
Quatre pôles pour rapprocher les ministères
La nouvelle organisation regroupe les 30 départements ministériels autour de quatre grands pôles, placés sous la coordination du Premier ministre à travers des comités interministériels.
Il s’agit du pôle Souveraineté et Gouvernance, composé de huit départements, du pôle Économie et Transformation productive, également constitué de huit départements, du pôle Infrastructures et Développement durable, qui rassemble sept départements, et du pôle Capital humain et Solidarité, regroupant sept départements.
Chaque ministère est rattaché à un pôle principal. Il pourra toutefois participer aux travaux d’autres pôles lorsque les dossiers nécessitent l’intervention de plusieurs administrations.
L’objectif est de rapprocher les départements dont les missions sont complémentaires afin de faciliter le traitement des problématiques transversales.
Une organisation pensée pour lever les blocages
Les comités interministériels auront notamment pour responsabilité de suivre l’exécution des priorités du gouvernement et des engagements associés au Programme Simandou 2040.
Ils devront examiner régulièrement l’état d’avancement des projets, identifier les difficultés et rechercher des solutions aux contraintes susceptibles de ralentir leur réalisation.
Ces blocages pourront être de nature administrative, technique, budgétaire ou institutionnelle. Le nouveau dispositif doit permettre de les traiter directement au niveau des comités avant, si nécessaire, de remonter les dossiers nécessitant un arbitrage au Premier ministre.
Cette organisation entend ainsi réduire les délais de décision et améliorer la coordination entre les différentes administrations impliquées dans les grands projets du pays.
Simandou 2040 au cœur du dispositif
La réforme intervient dans le cadre de la volonté des autorités guinéennes de renforcer l’efficacité de l’administration dans la conduite des projets structurants associés à la vision du président Mamadi Doumbouya.
Lors de l’atelier organisé à Conakry, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de disposer d’une haute administration capable d’accompagner efficacement l’opérationnalisation des projets de Simandou 2040.
Le dispositif associe notamment les départements ministériels aux structures chargées de l’accompagnement et du suivi des projets, parmi lesquelles l’Agence de coordination et de gestion des projets (ACGP), la Delivery Unit et le Guinea Development Board (GDB).
Le Conseil interministériel conserve son rôle
Les nouveaux comités ne remplacent pas le Conseil interministériel. Celui-ci demeure l’instance chargée de consolider les décisions gouvernementales avant leur présentation en Conseil des ministres et leur soumission au président de la République.
Les quatre pôles doivent donc fonctionner comme des espaces de coordination et de résolution des difficultés en amont, afin de fluidifier le processus de décision.
À travers cette nouvelle architecture, le gouvernement guinéen entend faire de la coordination interministérielle un outil d’exécution plutôt qu’un simple mécanisme administratif.
L’enjeu est désormais de traduire cette réorganisation en résultats concrets sur le terrain, notamment en accélérant la réalisation des projets inscrits dans Simandou 2040, présenté par les autorités comme un cadre majeur de transformation économique et sociale de la Guinée.






