BIDC : l’Afrique de l’Ouest devrait maintenir une croissance proche de 5 % jusqu’en 2027
La Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC) se montre optimiste quant aux perspectives économiques de l’Afrique de l’Ouest. Malgré un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques, le ralentissement du commerce international et des risques inflationnistes persistants, l’institution prévoit le maintien d’une croissance robuste dans la sous-région au cours des prochaines années.
Dans son rapport West African Development Outlook (WADO) 2026, intitulé « Perspectives de développement en Afrique de l’Ouest : Turbulences lointaines, chocs familiers », la BIDC anticipe une croissance régionale de 4,7 % en 2026, avant une accélération à 4,9 % en 2027.
Une croissance résiliente malgré les incertitudes mondiales
Après une progression estimée à 4,7 % en 2024, la croissance économique de l’Afrique de l’Ouest devrait atteindre 4,8 % en 2025, avant de se maintenir à un niveau proche de 5 % sur les deux années suivantes.
Selon la BIDC, cette résilience s’explique par plusieurs facteurs favorables :
- une demande intérieure dynamique ;
- une amélioration de la stabilité macroéconomique ;
- les efforts engagés par plusieurs États pour assainir leurs finances publiques ;
- une meilleure maîtrise des déséquilibres budgétaires.
Ces performances interviennent pourtant dans un contexte international toujours perturbé par les conséquences des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, les tensions sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et l’incertitude sur les marchés financiers.
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Une inflation en net recul
Le rapport met en évidence une amélioration notable de la situation des prix.
L’inflation moyenne dans la sous-région est retombée à 16,8 % en 2025, soit une baisse de près de neuf points de pourcentage par rapport à l’année précédente.
Cette évolution est attribuée principalement :
- au recul des prix des produits alimentaires ;
- à la baisse des coûts de l’énergie ;
- à une plus grande stabilité des monnaies ouest-africaines.
Pour la BIDC, cette désinflation contribue à améliorer progressivement l’environnement économique.
Des finances publiques en amélioration
Les principaux indicateurs macroéconomiques affichent également des progrès.
Le déficit budgétaire régional est passé de 3,7 % du PIB en 2024 à 2,6 % du PIB en 2025.
Cette amélioration résulte notamment :
- d’une meilleure mobilisation des recettes fiscales ;
- d’une maîtrise des dépenses publiques ;
- d’une réduction des charges d’intérêts.
Dans le même temps, le ratio de la dette publique a reculé à 49,3 % du PIB, tandis que l’excédent du compte courant est passé de 0,3 % à 1,8 % du PIB, traduisant un renforcement de la position extérieure des économies de la région.
Une croissance encore peu inclusive
Malgré ces résultats encourageants, la BIDC estime que les bénéfices de la croissance restent insuffisamment répartis.
Le rapport souligne une augmentation de la pauvreté des travailleurs dans plusieurs pays ouest-africains, signe que l’amélioration des indicateurs macroéconomiques ne se traduit pas encore par une hausse significative du niveau de vie de nombreuses populations.
L’institution appelle ainsi les gouvernements à renforcer les politiques favorisant une croissance plus inclusive et davantage créatrice d’emplois.
Plusieurs risques demeurent
La BIDC identifie plusieurs facteurs susceptibles de freiner la dynamique économique régionale.
Parmi les principaux risques figurent :
- les dérapages budgétaires ;
- les difficultés d’approvisionnement énergétique ;
- l’insécurité alimentaire ;
- les tensions sur les marchés des changes ;
- les déficits de production d’électricité ;
- une éventuelle résurgence des pressions inflationnistes.
Ces vulnérabilités pourraient affecter les performances économiques si elles ne sont pas maîtrisées.
Les crises mondiales créent aussi de nouvelles opportunités
Le rapport analyse également les effets des tensions géopolitiques internationales sur les économies ouest-africaines.
Selon la BIDC, les conflits continuent d’alimenter la volatilité des prix de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires, comme cela avait déjà été observé durant la pandémie de Covid-19 puis avec la guerre en Ukraine.
Toutefois, cette conjoncture ouvre également de nouvelles perspectives.
L’institution estime que le développement du commerce intrarégional des produits énergétiques, des engrais et des denrées alimentaires, notamment sous l’impulsion du Nigeria, pourrait renforcer la résilience économique de l’Afrique de l’Ouest.
Par ailleurs, le maintien de cours élevés pour le pétrole, l’or et plusieurs minerais constitue une source potentielle de recettes supplémentaires pour les pays exportateurs.
Accélérer les réformes pour consolider la croissance
Alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) poursuit son processus d’intégration économique malgré les évolutions politiques observées ces dernières années, la BIDC estime que les fondamentaux économiques de la région demeurent solides.
Pour préserver cette trajectoire de croissance proche de 5 % jusqu’en 2027, l’institution recommande d’accélérer les réformes structurelles, d’intensifier les investissements dans les infrastructures, l’énergie et l’agriculture, tout en renforçant la création d’emplois afin que les bénéfices de la croissance profitent davantage aux populations ouest-africaines.







