Le Cameroun prévoit de mobiliser plus de 5 000 milliards de FCFA de nouveaux emprunts entre 2027 et 2029 afin de financer ses besoins budgétaires et ses projets de développement, selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2027-2030) présenté dans le cadre du Débat d’orientation budgétaire 2026. Les autorités entendent toutefois préserver la soutenabilité des finances publiques en maintenant la dette publique sous le seuil de 50 % du PIB.
Plus de 5 000 milliards FCFA de nouveaux financements
Le gouvernement fixe à 3 600 milliards de FCFA le plafond des nouveaux engagements extérieurs de l’État, hors appuis budgétaires, sur la période 2027-2029, soit une valeur actualisée d’environ 2 653 milliards de FCFA.
En parallèle, les nouveaux emprunts sur le marché intérieur pourront atteindre 1 400 milliards de FCFA.
Au total, l’État pourra ainsi contracter 5 000 milliards de FCFA de nouveaux crédits au cours des trois prochaines années.
Pour la seule année 2027, les plafonds sont fixés à 1 200 milliards de FCFA pour les financements extérieurs et 650 milliards de FCFA pour la dette intérieure, soit 1 850 milliards de FCFA, représentant près de 37 % de l’enveloppe totale autorisée.
Les entreprises publiques pourront également emprunter
Outre les financements directs de l’État, le document prévoit des marges d’endettement pour les entreprises et établissements publics ainsi que pour les collectivités territoriales décentralisées (CTD).
Le plafond des nouveaux engagements extérieurs de ces entités est fixé à 300 milliards de FCFA sur trois ans, dont 100 milliards de FCFA dès 2027.
Leurs emprunts intérieurs pourront atteindre 450 milliards de FCFA sur la période, avec une première enveloppe de 150 milliards de FCFA prévue en 2027.
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400 milliards FCFA de garanties publiques
Le gouvernement prévoit également d’accorder jusqu’à 400 milliards de FCFA d’avals et de garanties.
Cette enveloppe comprend :
- 120 milliards de FCFA pour les garanties liées à la dette extérieure ;
- 280 milliards de FCFA pour les garanties accordées aux emprunts intérieurs.
Ces engagements demeurent contingents et ne deviennent une dette effective de l’État que si les bénéficiaires sont incapables d’honorer leurs obligations financières.
En intégrant les emprunts directs de l’État, les plafonds accordés à ses démembrements ainsi que les garanties publiques, les autorisations d’endettement atteignent 6 150 milliards de FCFA sur la période 2027-2029.
Les autorités précisent toutefois que ce montant ne correspond pas à une dette effectivement contractée par le Trésor.
Une stratégie axée sur la maîtrise des risques
Le gouvernement indique vouloir diversifier ses sources de financement afin de couvrir les besoins de l’État « aux moindres coûts et risques possibles ».
La stratégie repose sur une combinaison de ressources provenant des marchés internationaux et du marché régional des titres publics, tout en poursuivant le développement des marchés primaire et secondaire de la dette.
Les autorités envisagent également un recours accru aux partenariats public-privé (PPP) ainsi qu’à des instruments de financement innovants, notamment les obligations vertes et les Sukuk, afin de financer les projets prioritaires.
Objectif : maintenir la dette sous 50 % du PIB
À l’horizon 2029, Yaoundé ambitionne de maintenir l’encours de la dette publique et garantie en dessous de 50 % du PIB.
Le portefeuille de dette visé devrait être composé de :
- 75 % de dette extérieure ;
- 25 % de dette intérieure libellée en FCFA.
Le gouvernement souhaite également limiter la part de la dette libellée en dollars américains à 25 % du portefeuille total.
La stratégie prévoit par ailleurs :
- un plafond de 10 % pour la dette intérieure à court terme ;
- une limite de 20 % pour les emprunts à taux variable ;
- une maturité moyenne d’au moins 12 ans pour l’ensemble du portefeuille ;
- une échéance moyenne de 5 ans pour la dette intérieure ;
- un taux d’intérêt moyen inférieur à 3 % sur cette dernière.
Une dette publique déjà proche de 44 % du PIB
Ces nouveaux plafonds interviennent alors que l’encours de la dette publique du Cameroun atteignait 15 235 milliards de FCFA au 30 avril 2026, soit 43,6 % du PIB.
En fixant un cadre pluriannuel d’endettement, les autorités cherchent à financer les investissements nécessaires à la croissance tout en préservant la viabilité des finances publiques et en limitant les risques liés à l’évolution des taux d’intérêt et des devises.







