Zimbabwe : un rapport trace la réforme des marchés publics
Le Zimbabwe franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses marchés publics avec le lancement du Rapport 2026 sur la Méthodologie d’évaluation des systèmes de passation des marchés publics (MAPS). Élaboré conjointement par le gouvernement zimbabwéen et la Banque africaine de développement (BAD), ce document dresse un diagnostic complet du système national de passation des marchés et définit une feuille de route pour renforcer la transparence, la gouvernance et l’efficacité des achats publics.
Le rapport a été présenté par le vice-président Constantino Chiwenga à l’occasion du premier Forum sur les marchés publics d’Afrique australe, organisé dans un contexte où plusieurs pays de la région accélèrent leurs réformes pour améliorer la gestion des finances publiques et soutenir le développement économique.
Faire des marchés publics un levier de transformation économique
Lors de la cérémonie de lancement, Constantino Chiwenga a souligné que les marchés publics ne doivent plus être considérés comme une simple fonction administrative, mais comme un véritable instrument de politique économique.
Selon lui, une gestion plus efficace des achats publics peut contribuer au développement des infrastructures, à l’industrialisation, à la création d’emplois, à une meilleure utilisation des ressources publiques ainsi qu’à l’amélioration des services rendus aux citoyens.
Le vice-président a également plaidé pour une coopération renforcée entre les pays d’Afrique australe afin d’harmoniser les cadres de passation des marchés. Une telle approche permettrait de faciliter le commerce transfrontalier, de soutenir les chaînes de valeur régionales et d’accompagner les objectifs de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Une évaluation menée en un temps record
Le rapport MAPS constitue une évaluation indépendante du système zimbabwéen de passation des marchés publics au regard des normes internationales.
Réalisée en seulement huit mois, contre une moyenne mondiale d’environ 18 mois, cette évaluation témoigne, selon les autorités, de la volonté du Zimbabwe d’accélérer la modernisation de ses procédures et de renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Le document identifie plusieurs axes prioritaires de réforme, notamment le renforcement de la gouvernance, le développement des plateformes de marchés publics électroniques, la promotion de pratiques d’achats durables et l’amélioration des capacités institutionnelles.
L’objectif est d’améliorer le rapport qualité-prix des dépenses publiques tout en favorisant une croissance économique plus inclusive.
La BAD réaffirme son soutien aux réformes
Intervenant lors du forum, Eyerusalem Fasika, représentante pays du Groupe de la Banque africaine de développement au Zimbabwe, a salué la création du Forum des marchés publics d’Afrique australe, présenté comme une plateforme destinée à favoriser la coopération, l’innovation et le partage des meilleures pratiques entre les autorités de régulation de la région.
Elle a rappelé que la méthodologie MAPS constitue avant tout un outil de diagnostic permettant d’identifier les points forts des systèmes de passation des marchés ainsi que les améliorations à apporter, plutôt qu’un mécanisme de sanction.
Selon elle, l’impact du rapport dépendra désormais de la mise en œuvre effective de ses recommandations par les autorités zimbabwéennes.
La Banque africaine de développement a, par ailleurs, renouvelé son engagement à accompagner les pays africains dans la modernisation de leurs systèmes de marchés publics, considérés comme un levier essentiel de bonne gouvernance et de développement durable.
Un signal fort pour la région
Avec le lancement du rapport MAPS 2026, le Zimbabwe entend consolider sa position parmi les pays africains engagés dans la réforme de leurs systèmes de passation des marchés publics.
Au-delà du cadre national, cette initiative constitue une référence pour les autres États d’Afrique australe qui souhaitent renforcer la transparence, améliorer l’efficacité des dépenses publiques et développer des systèmes d’achats plus résilients, en phase avec les standards internationaux.







