RDC : le FMI débloque 348,5 millions de dollars et salue la résilience de l’économie malgré les crises
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé la troisième revue du programme de la République démocratique du Congo (RDC) au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que la deuxième revue de l’accord relevant de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette décision ouvre la voie à un nouveau décaissement de 256,9 millions de DTS, soit environ 348,5 millions de dollars américains, afin de soutenir les réformes économiques engagées par le pays.
Dans le détail, le FMI a approuvé un décaissement de 190,4 millions de DTS (258,2 millions de dollars) au titre de la FEC, portant le total des ressources déjà mobilisées dans le cadre de ce programme à 761,3 millions de DTS, soit environ 1,03 milliard de dollars. À cela s’ajoute un décaissement de 66,6 millions de DTS (90,3 millions de dollars) au titre de la FRD, destinée à accompagner les réformes liées à la résilience climatique.
Une économie qui résiste malgré un contexte sécuritaire difficile
Le FMI estime que l’économie congolaise continue de faire preuve de résilience malgré un environnement particulièrement complexe. La situation sécuritaire demeure instable dans l’Est du pays, en dépit des accords conclus à Washington en décembre 2025, avec la poursuite des affrontements armés et des violations du cessez-le-feu.
Cette instabilité continue d’alimenter une crise humanitaire marquée par des déplacements massifs de populations et une forte insécurité alimentaire. À ces défis s’ajoutent les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la montée des tensions politiques internes ainsi que l’épidémie d’Ebola, qui accroissent les incertitudes pesant sur les perspectives économiques.
Malgré ce contexte, la croissance reste soutenue par les performances du secteur minier et le redressement progressif des activités non extractives.
Une inflation sous contrôle et des réserves en amélioration
Selon le FMI, les indicateurs macroéconomiques demeurent globalement favorables. L’inflation a fortement ralenti grâce à l’appréciation du franc congolais enregistrée à partir d’octobre 2025, pour s’établir à seulement 2,5 % en glissement annuel à fin avril 2026.
Le secteur extérieur continue également de se renforcer grâce à la bonne tenue des exportations minières. Le déficit du compte courant poursuit sa réduction tandis que les réserves internationales continuent de s’accumuler.
Le Fonds souligne également que la récente émission d’un eurobond devrait permettre de financer plusieurs projets prioritaires d’infrastructures susceptibles de soutenir durablement la croissance économique.
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Des résultats satisfaisants malgré quelques écarts
Le FMI juge globalement satisfaisante la mise en œuvre du programme économique.
Tous les critères de performance fixés à fin décembre 2025 ont été respectés, à l’exception de deux objectifs : le solde budgétaire intérieur et le critère continu relatif aux pratiques de taux de change multiples.
Le premier a été affecté par l’augmentation des dépenses sécuritaires dans l’Est du pays, tandis que le second résulte d’une modification technique de la marge de change appliquée par la Banque centrale du Congo (BCC) dans ses opérations avec le Trésor.
Le Fonds indique que les autorités congolaises ont déjà pris les mesures correctives nécessaires pour remédier à ces écarts.
Par ailleurs, la plupart des réformes structurelles prévues dans le cadre du programme ont été réalisées. Concernant la FRD, la méthodologie d’évaluation climatique des investissements publics a été finalisée avant l’échéance prévue, alors que la révision du Code forestier accuse un retard lié à des facteurs indépendants de la volonté des autorités.
Le FMI appelle à poursuivre les réformes
À l’issue de l’examen du programme, le FMI invite les autorités à maintenir une politique budgétaire prudente afin de préserver la stabilité macroéconomique.
L’institution estime que l’élargissement temporaire du déficit budgétaire en 2026 reste maîtrisable, compte tenu des dépenses exceptionnelles liées à la sécurité, aux conséquences de la guerre au Moyen-Orient et aux investissements financés par l’eurobond.
Le Fonds recommande de poursuivre les réformes destinées à renforcer la gestion des finances publiques, améliorer la mobilisation des recettes intérieures et accroître la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Sur le plan monétaire, le FMI considère que la Banque centrale du Congo doit maintenir une approche prudente et se tenir prête à resserrer sa politique si les risques inflationnistes réapparaissent.
Enfin, l’institution insiste sur la nécessité d’accélérer les réformes visant à améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption, renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT), favoriser une sortie de la liste grise du GAFI et améliorer le climat des affaires afin de soutenir une croissance plus inclusive et une diversification durable de l’économie congolaise.







