UEMOA : l’inflation retombe à 0 % en 2025 grâce à l’amélioration de l’offre alimentaire
L’inflation a connu un net ralentissement dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) en 2025. Selon les dernières données disponibles, le taux d’inflation moyen est ressorti à 0,0 %, contre 3,5 % en 2024, marquant un retour à une stabilité des prix rarement observée ces dernières années.
Cette évolution reflète à la fois une amélioration de l’offre alimentaire, les mesures de soutien mises en œuvre par les États membres et un effet de base favorable après les fortes tensions inflationnistes enregistrées en 2024.
Une baisse généralisée des prix dans plusieurs secteurs
La décélération de l’inflation a été portée par le recul des prix dans plusieurs composantes importantes du panier de consommation.
Les secteurs de la restauration, de la santé et de l’ameublement ont enregistré des baisses respectives de 1,6 %, 1,4 % et 1,0 % en 2025, alors qu’ils affichaient encore des hausses significatives l’année précédente.
Parallèlement, la progression des prix alimentaires a fortement ralenti, passant de 4,7 % en 2024 à seulement 0,5 % en 2025. Les coûts liés au logement ont également connu une hausse plus modérée, à 1,3 % contre 3,7 % un an plus tôt.
Cette évolution a contribué à réduire sensiblement les pressions sur le pouvoir d’achat des ménages dans l’ensemble de l’Union.
L’agriculture joue un rôle déterminant
L’amélioration de l’offre alimentaire constitue l’un des principaux facteurs expliquant cette désinflation.
La production céréalière a progressé de 3,0 % lors de la campagne agricole 2024-2025 et de 6,8 % durant la campagne 2025-2026. Cette hausse de la production a favorisé une meilleure disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés, limitant ainsi les tensions sur les prix.
Les programmes de soutien à la sécurité alimentaire et énergétique déployés par plusieurs gouvernements et leurs partenaires ont également contribué à contenir l’évolution du coût de la vie.
Lire aussi : UEMOA : croissance solide et retour de l’inflation en avril 2026
Un effet de base favorable après les fortes hausses de 2024
Le ralentissement de l’inflation s’explique aussi par un effet de base important.
En 2024, plusieurs pays de l’Union avaient enregistré des niveaux de hausse des prix particulièrement élevés. Le Niger affichait une inflation de 9,1 %, tandis que le Burkina Faso atteignait 4,2 %, la Côte d’Ivoire 3,5 % et le Mali 3,2 %.
Ces niveaux élevés ont mécaniquement accentué le recul du taux d’inflation moyen observé en 2025.
L’inflation sous-jacente également en baisse
L’évolution des prix hors produits frais et énergie, mesurée par l’inflation sous-jacente, confirme cette tendance.
Cet indicateur est passé de 2,2 % en 2024 à seulement 0,3 % en 2025, traduisant un ralentissement généralisé des prix des biens et services composant le panier de consommation de base.
Cette évolution est souvent considérée comme un signal positif, car elle reflète une baisse plus structurelle des pressions inflationnistes.
Une convergence accrue entre les pays de l’Union
L’année 2025 a également été marquée par une meilleure convergence des trajectoires inflationnistes entre les États membres.
L’écart-type des taux d’inflation, qui mesure les différences de niveaux de prix entre les pays, est passé de 2,5 points de pourcentage en 2024 à 2,1 points en 2025.
Cette réduction traduit une homogénéisation progressive des conditions économiques au sein de l’Union, même si certaines disparités subsistent en raison des défis sécuritaires dans le Sahel, des performances agricoles variables et des politiques nationales de soutien aux ménages.
Un différentiel favorable face aux partenaires régionaux
Comparée à ses principaux partenaires commerciaux, l’UEMOA a bénéficié en 2025 d’un différentiel d’inflation particulièrement favorable.
L’écart moyen atteint 5,3 points de pourcentage vis-à-vis de l’ensemble de ses partenaires. Cette performance est encore plus marquée face à certains pays voisins.
L’Union affiche ainsi un différentiel favorable de 14,2 points avec le Ghana et de 23,4 points avec le Nigeria, deux économies confrontées à des niveaux d’inflation nettement plus élevés.
Cette situation contribue à préserver la compétitivité relative des économies de l’UEMOA et à renforcer la stabilité macroéconomique de la zone.
Une remontée modérée attendue en 2026 et 2027
Malgré cette performance, les prévisions indiquent une légère reprise de l’inflation au cours des deux prochaines années.
Selon le scénario central, le taux d’inflation moyen devrait atteindre 1,6 % en 2026, avec une fourchette comprise entre 1,3 % et 1,9 % selon les hypothèses retenues.
En 2027, la hausse des prix est attendue à 2,1 %, avec un intervalle de variation compris entre 1,4 % et 2,7 %.
Cette remontée s’expliquerait principalement par la persistance des tensions géopolitiques mondiales susceptibles d’affecter les coûts de l’énergie, du transport et des importations.
Toutefois, les bonnes perspectives agricoles dans l’Union devraient continuer à jouer un rôle stabilisateur. Les récoltes abondantes enregistrées lors de la campagne 2025-2026 ainsi que celles attendues pour 2026-2027 devraient contribuer à limiter les pressions inflationnistes et maintenir l’inflation à des niveaux compatibles avec les objectifs de stabilité des prix de l’UEMOA.








Commentaires 1