Côte d’Ivoire : seule économie d’Afrique subsaharienne classée à faible risque de surendettement
La Côte d’Ivoire vient de franchir une étape majeure dans la gestion de ses finances publiques. Le pays est désormais classé à « faible risque » de surendettement, devenant ainsi le seul État d’Afrique subsaharienne à obtenir ce statut, selon les autorités ivoiriennes et le Fonds monétaire international (FMI).
Cette évolution intervient à l’issue de la sixième et dernière revue du programme économique soutenu par le FMI, confirmant la fin réussie des accords de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Mécanisme élargi de crédit (MEC), ainsi que du dispositif lié à la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
Un décaissement de 832 millions de dollars validé
À l’issue de cette dernière revue, le Conseil d’administration du FMI a approuvé le décaissement immédiat d’environ 832,8 millions de dollars.
Le programme conclu en mai 2023, d’un montant global de 2,6 milliards de DTS (soit environ 400 % de la quote-part ivoirienne), a permis de soutenir la stabilité macroéconomique du pays, de réduire les déséquilibres budgétaires et extérieurs, et de renforcer la soutenabilité de la dette publique.
Une amélioration historique de la viabilité de la dette
L’un des faits marquants de cette évaluation est la reclassification de la Côte d’Ivoire dans l’analyse de viabilité de la dette (AVD) réalisée conjointement par le FMI et la Banque mondiale.
Le pays passe ainsi d’un statut de « risque modéré » à celui de « risque faible », une première depuis plus d’une décennie. Cette évolution marque une rupture avec une période prolongée de vulnérabilité héritée de la sortie de l’Initiative PPTE en 2012.
Selon les autorités, cette amélioration repose sur plusieurs facteurs clés :
- le renforcement de la capacité d’endettement grâce à de meilleures performances macroéconomiques et institutionnelles ;
- une gestion plus proactive de la dette publique ;
- une consolidation budgétaire accompagnée d’une mobilisation accrue des recettes.
Des indicateurs macroéconomiques en amélioration
Tous les critères de performance fixés dans le cadre du programme ont été respectés, y compris les objectifs structurels prévus pour la dernière revue.
La Côte d’Ivoire a notamment ramené son déficit budgétaire à 3 % du PIB en 2025, conformément au plafond de convergence de l’UEMOA. Dans le même temps, la dette publique a reculé en proportion du PIB pour la première fois depuis plus de dix ans.
Le passage à un risque « faible » signifie qu’aucun des seuils de viabilité de la dette n’est désormais dépassé, ce qui traduit une résilience accrue des finances publiques face aux chocs externes.
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Croissance soutenue malgré un environnement incertain
Sur le plan économique, le FMI anticipe une croissance du PIB réel de 6 % en 2026, après 6,5 % en 2025.
Cette légère décélération s’expliquerait par un ralentissement de la demande extérieure, notamment en raison des tensions géopolitiques internationales. L’inflation, quasi nulle en 2025, devrait remonter à environ 3,3 % en 2026, sous l’effet des prix alimentaires et énergétiques.
Face à ce contexte, les autorités ivoiriennes prévoient un ajustement temporaire du déficit budgétaire à 3,8 % du PIB en 2026, avant un retour progressif au seuil de 3 % fixé par l’UEMOA d’ici 2028.
Une trajectoire vers le statut de pays à revenu intermédiaire supérieur
Cette amélioration de la soutenabilité de la dette s’inscrit dans une ambition plus large : celle de hisser la Côte d’Ivoire au rang de pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure.
Cet objectif figure parmi les priorités du Plan national de développement 2026-2030, qui mise sur la stabilité macroéconomique, la mobilisation des investissements et la transformation structurelle de l’économie.
Un signal fort pour les investisseurs
Pour les partenaires financiers internationaux, cette reclassification constitue un signal de confiance renforcée dans la gestion économique du pays.
Elle reflète les progrès réalisés en matière de discipline budgétaire, de réforme structurelle et de gouvernance économique, autant d’éléments susceptibles de consolider l’attractivité de la Côte d’Ivoire sur les marchés financiers internationaux.
Selon le FMI, ces résultats traduisent « le rétablissement de la stabilité macroéconomique et l’amélioration de l’évaluation de la viabilité de la dette », marquant ainsi une étape importante dans la trajectoire économique du pays.







