Côte d’Ivoire : la Mauritius Commercial Bank (MCB) prépare son implantation à Abidjan
La Côte d’Ivoire pourrait bientôt accueillir un nouveau acteur bancaire international de premier plan. La Mauritius Commercial Bank (MCB), principale institution financière de l’île Maurice, envisage en effet l’ouverture d’un bureau de représentation à Abidjan, dans le cadre de son expansion sur le continent africain.
Cette perspective a été évoquée lors d’une audience tenue le 18 juin 2026 entre une délégation mauricienne et la ministre d’État ivoirienne chargée des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nialé Kaba.
Une initiative pour renforcer la coopération économique
Conduite par le consul honoraire de Maurice en Côte d’Ivoire, Frédérique Lam, la délégation a présenté un projet visant à renforcer les relations économiques et financières entre les deux pays à travers l’implantation de la MCB.
L’ouverture d’un bureau de représentation à Abidjan permettrait de faciliter les échanges financiers, d’accompagner les entreprises et de soutenir les flux d’investissements entre l’île Maurice et la Côte d’Ivoire, deux économies engagées dans une dynamique de diversification et d’intégration régionale.
La ministre d’État ivoirienne a salué cette initiative, réaffirmant la disponibilité des autorités à accueillir les investisseurs étrangers, dans le respect du cadre réglementaire national.
MCB, un groupe bancaire solide et en expansion
Fondée à l’île Maurice, la Mauritius Commercial Bank est le plus ancien établissement bancaire du pays et l’un des groupes financiers les plus influents de l’océan Indien.
Déjà présente dans plusieurs pays africains, la banque poursuit une stratégie d’expansion continentale portée par de solides performances financières.
Pour l’exercice clos au 30 juin 2025, le groupe a enregistré un bénéfice net de 18,065 milliards de roupies mauriciennes, en hausse de 12,6 % sur un an. Le produit net bancaire a progressé de 13,9 %, atteignant 42,2 milliards de roupies.
Cette croissance est notamment soutenue par la progression des activités de trade finance, des opérations de change et des commissions générées par MCB Capital Markets.
Une structure financière renforcée
Les performances du groupe s’appuient sur une base financière solide.
Le total des actifs de MCB a franchi pour la première fois le seuil symbolique de 1 007 milliards de roupies, en hausse de 7,3 %. Les dépôts clientèle ont également progressé de 7,9 %, atteignant 726 milliards de roupies.
Les crédits à la clientèle ont légèrement reculé à 413 milliards de roupies, tandis que le ratio de fonds propres réglementaires s’est renforcé à 22 %, traduisant une bonne solidité financière.
Le taux de créances douteuses (NPL) est resté contenu à 3 %, confirmant la qualité du portefeuille de crédits.
Des performances qui soutiennent la stratégie d’expansion
Le groupe affiche également un rendement des fonds propres (ROE) de 16,4 %, ainsi qu’un ratio coût-sur-revenus de 37,4 %, reflétant à la fois la rentabilité et les investissements engagés dans sa transformation.
Dans ce contexte, l’ouverture d’un bureau en Côte d’Ivoire s’inscrit dans une stratégie visant à renforcer la présence de MCB sur les marchés africains à fort potentiel de croissance.
Abidjan, un hub financier régional attractif
L’intérêt de la MCB pour la Côte d’Ivoire s’explique également par le rôle croissant d’Abidjan comme centre financier régional en Afrique de l’Ouest.
Le pays attire de plus en plus d’institutions financières internationales, dans un contexte de croissance soutenue et de réformes visant à améliorer le climat des affaires et l’attractivité du secteur bancaire.
Pour les autorités ivoiriennes, cette nouvelle marque d’intérêt confirme la confiance des investisseurs étrangers dans la stabilité et les perspectives économiques du pays.
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Vers un renforcement des flux financiers entre Maurice et l’Afrique de l’Ouest
Si le projet d’implantation se concrétise, la MCB pourrait jouer un rôle clé dans le financement du commerce, des investissements transfrontaliers et des projets d’expansion des entreprises entre l’océan Indien et l’Afrique de l’Ouest.
Cette dynamique contribuerait à renforcer les liens économiques entre les deux régions et à diversifier les sources de financement disponibles pour les économies africaines.
Dans un contexte de concurrence accrue entre places financières africaines, Abidjan confirme ainsi son statut de plateforme stratégique pour les institutions bancaires internationales en quête de croissance sur le continent.







