Mali : la digitalisation au cœur de la modernisation du Trésor public
Le Mali poursuit la modernisation de son administration financière. La 3e édition de la Rencontre annuelle des services du Trésor, ouverte le 18 juin 2026 à Bamako, place la gestion efficace de la trésorerie publique au centre des réflexions. Pendant deux jours, responsables du Trésor, régies financières, banques, opérateurs économiques et partenaires institutionnels échangent sur les leviers permettant d’améliorer la gestion des finances publiques à travers la transformation numérique.
Présidée par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, cette rencontre se tient sous le thème : « Gestion efficace de la trésorerie : levier stratégique de la gestion des finances publiques ».
La transformation numérique comme priorité
Au cœur des discussions figure la digitalisation des procédures financières publiques. Les autorités maliennes misent sur les outils numériques pour renforcer la transparence, accélérer les traitements administratifs et améliorer le recouvrement des recettes publiques.
Parmi les principaux chantiers évoqués figurent :
- la digitalisation des moyens de paiement ;
- le développement des téléprocédures fiscales ;
- la dématérialisation des opérations douanières ;
- la digitalisation du foncier ;
- la sécurisation des titres de propriété ;
- l’extension des solutions de paiement électronique.
Selon le ministère de l’Économie et des Finances, ces réformes doivent permettre de renforcer la traçabilité des opérations financières, de réduire les délais de traitement et de sécuriser davantage les transactions publiques.
Une amélioration de la gestion de la trésorerie
Les données présentées lors de la rencontre témoignent d’une évolution positive de la gestion financière de l’État.
En 2025, les paiements effectués au titre de la dette intérieure ont atteint 1 587,1 milliards de FCFA. Dans le même temps, le stock des instances de paiement a connu une baisse significative, passant de 503,4 milliards de FCFA à fin 2024 à 308,9 milliards de FCFA à fin décembre 2025.
La tendance s’est poursuivie en 2026 avec un encours ramené à 231,5 milliards de FCFA contre 475,6 milliards de FCFA à la même période un an auparavant.
Cette réduction des instances de paiement constitue un enjeu majeur pour les entreprises fournisseurs de l’État, dont la trésorerie dépend souvent de la rapidité des règlements publics. Parmi les montants suivis figurent notamment 14,3 milliards de FCFA dus aux opérateurs économiques.
Une meilleure coordination des administrations financières
La rencontre annuelle sert également de cadre d’échanges entre les principales administrations financières du pays.
Un panel de haut niveau réunit ainsi les directions générales des Impôts, des Douanes, des Domaines et du Cadastre ainsi que le Trésor public. Chaque administration présente les avancées réalisées dans la modernisation de ses services et les résultats obtenus grâce aux outils numériques.
L’objectif est de renforcer les synergies entre les différents acteurs impliqués dans la mobilisation des recettes publiques et le suivi des flux financiers de l’État.
Des indicateurs macroéconomiques jugés solides
À l’occasion de cette rencontre, le ministre Alousséni Sanou a présenté les principaux indicateurs macroéconomiques du Mali pour l’année 2025.
Selon les données communiquées :
- le déficit budgétaire s’est établi à 1,6 % du PIB ;
- l’inflation a été contenue à 2,3 % ;
- le taux d’endettement a atteint 41,8 % du PIB.
Ces performances sont présentées comme conformes aux critères de convergence fixés au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Une préparation des finances publiques pour 2026
Les travaux s’inscrivent également dans le cadre de la préparation budgétaire de l’État pour l’exercice 2026.
La loi de finances prévoit des recettes de 3 057,79 milliards de FCFA contre des dépenses estimées à 3 578,22 milliards de FCFA, soit un déficit prévisionnel de 520,42 milliards de FCFA.
Dans ce contexte, l’amélioration de la mobilisation des ressources internes apparaît comme une priorité pour les autorités.
Le FMI encourage les réformes engagées
Les orientations retenues rejoignent les recommandations formulées par le Fonds monétaire international (FMI) lors de ses consultations avec le Mali en 2025.
L’institution financière internationale a notamment appelé à renforcer les recettes fiscales, à élargir l’assiette fiscale et à améliorer l’efficacité des administrations chargées de la collecte des revenus publics.
La modernisation numérique du Trésor, des impôts et des douanes constitue ainsi un levier essentiel pour atteindre ces objectifs et renforcer la résilience des finances publiques maliennes.
Vers une administration financière plus performante
À l’issue de cette 3e Rencontre annuelle des services du Trésor, les participants devront identifier les principaux défis liés à la transformation numérique et proposer des recommandations destinées à accélérer les réformes en cours.
Pour les autorités maliennes, l’enjeu est de bâtir une administration financière plus efficace, plus transparente et mieux outillée pour soutenir les ambitions de développement économique du pays, tout en assurant une gestion rigoureuse de la trésorerie publique.







