La BDEAC veut accéder aux marchés internationaux pour financer davantage la Cemac
La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de croissance. Réuni le 12 juin 2026, son conseil d’administration a approuvé les démarches nécessaires pour permettre à l’institution d’accéder aux marchés internationaux de capitaux, avec l’objectif de diversifier ses sources de financement et de renforcer son soutien aux économies de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Cette décision marque un tournant pour la banque sous-régionale, qui cherche à accroître ses capacités d’intervention dans un contexte où les besoins de financement des États et du secteur privé demeurent importants.
Une stratégie de diversification des ressources
Créée en 1975, la BDEAC s’est historiquement financée grâce aux contributions de ses États membres ainsi qu’au soutien de partenaires financiers internationaux et d’institutions multilatérales.
Parmi ces partenaires figure notamment la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), qui a récemment accordé à la BDEAC une ligne de crédit de 30 millions d’euros, soit près de 35 millions de dollars.
L’accès aux marchés internationaux permettra désormais à l’institution de compléter ces ressources traditionnelles en mobilisant des capitaux auprès d’investisseurs internationaux.
Lire aussi : BDEAC : le Maroc détient 0,40 % du capital
La notation Moody’s ouvre de nouvelles perspectives
Cette ambition est soutenue par l’amélioration progressive du profil financier de la banque. En novembre 2025, l’agence de notation financière Moody’s a attribué à la BDEAC la note Ba3 avec perspective stable dans le cadre de sa première évaluation de crédit en devises étrangères.
Pour le président de la BDEAC, Dieudonné Evou Mekou, cette notation constitue une étape déterminante pour renforcer la crédibilité de l’institution auprès des investisseurs internationaux.
Selon lui, cette reconnaissance devrait permettre à la banque de lever des ressources à des conditions plus avantageuses, tout en élargissant son accès aux marchés financiers mondiaux.
Des performances financières en amélioration
L’ouverture aux marchés internationaux intervient dans un contexte favorable marqué par une amélioration des résultats financiers de l’institution.
À la clôture de l’exercice 2025, la BDEAC a enregistré un bénéfice net de 5,2 milliards FCFA, contre 3,5 milliards FCFA un an plus tôt. Cette progression de 48,6 % témoigne du renforcement de sa situation financière et de sa capacité à soutenir davantage de projets de développement.
Parallèlement, le portefeuille de la banque comptait 87 prêts actifs au 31 décembre 2025 :
- 32 financements accordés au secteur public ;
- 55 financements destinés au secteur privé.
L’encours brut total de ces financements atteignait 723,5 milliards FCFA.
Renforcer le financement du développement en Afrique centrale
En diversifiant ses sources de financement, la BDEAC ambitionne d’augmenter significativement ses capacités d’intervention dans les six pays de la Cemac : Cameroun, Gabon, Congo, Tchad, République centrafricaine et Guinée équatoriale.
L’accès aux marchés internationaux pourrait ainsi permettre à la banque de financer davantage de projets structurants dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’industrialisation, des transports ou encore du développement du secteur privé.
Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’institution et de renforcement de son rôle comme principal bras financier du développement en Afrique centrale.







