La BAD et l’UMA renforcent leur coopération pour accélérer l’intégration du Maghreb
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA) franchissent une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique. Les deux institutions ont tenu, le 15 décembre 2025 à Tunis, la première réunion de leur Comité de pilotage conjoint, avec pour ambition de renforcer l’intégration régionale, soutenir l’emploi des jeunes et accroître l’impact des investissements dans les pays du Maghreb.
Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans le cadre de l’accord de coopération signé entre les deux parties en 2000 et récemment renforcé par une nouvelle feuille de route couvrant la période 2026-2029.
L’intégration régionale au cœur des priorités
Les discussions ont porté sur les défis économiques auxquels fait face la région dans un contexte international marqué par des tensions géopolitiques, des chocs climatiques et des incertitudes économiques persistantes.
Les participants ont examiné l’état d’avancement du portefeuille régional de la Banque africaine de développement en Afrique du Nord, les enseignements tirés du Document de stratégie d’intégration régionale 2020-2026 ainsi que les orientations du futur cadre stratégique.
Pour les deux institutions, l’intégration économique demeure un levier incontournable pour renforcer la compétitivité, stimuler les investissements et favoriser une croissance plus inclusive.
« L’intégration régionale est au cœur du mandat de la Banque africaine de développement depuis sa création. À travers ce partenariat avec l’UMA, nous renforçons notre engagement à soutenir des projets structurants capables de transformer durablement les économies du Maghreb de manière inclusive et au bénéfice des populations », a déclaré Malinne Blomberg, directrice générale adjointe pour l’Afrique du Nord du Groupe de la Banque.
La ZLECAf comme accélérateur de transformation
La mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a également occupé une place importante dans les échanges.
Pour Joy Kategekwa, directrice du Bureau de coordination de l’intégration régionale de la BAD, l’Afrique du Nord dispose d’une opportunité majeure pour renforcer ses échanges avec le reste du continent.
« La mise en œuvre de la ZLECAf offre à l’Afrique du Nord une fenêtre d’opportunité pour s’intégrer davantage avec le reste du continent. Le dialogue renouvelé entre nos deux institutions et la coopération dynamique qui en découle permettront de faire progresser l’Agenda de l’intégration régionale du Maghreb comme jamais auparavant », a-t-elle souligné.
Les participants ont notamment insisté sur le rôle stratégique du secteur privé dans la création de chaînes de valeur régionales, la diversification économique et le développement du commerce intra-africain.
L’emploi des jeunes et des femmes au centre des préoccupations
La question de l’emploi des jeunes et des femmes a été identifiée comme une priorité majeure pour les économies maghrébines.
Les échanges ont mis en évidence la nécessité d’accélérer la création d’opportunités économiques dans une région où le potentiel démographique reste largement sous-exploité. Les participants ont également souligné que le commerce intra-maghrébin demeure parmi les plus faibles au monde malgré les complémentarités existantes entre les économies de la région.
Pour répondre à ces défis, plusieurs axes de coopération ont été identifiés, notamment dans les domaines des infrastructures régionales, de la connectivité énergétique et numérique, de la sécurité alimentaire ainsi que du renforcement des systèmes statistiques régionaux.
Construire un Maghreb plus résilient et plus intégré
Pour l’Union du Maghreb Arabe, ce partenariat constitue un outil essentiel pour renforcer la résilience économique de la région face aux multiples défis actuels.
« Face aux défis économiques, climatiques et géopolitiques, le partenariat entre l’UMA et la Banque africaine de développement constitue un levier essentiel pour relancer la dynamique d’intégration régionale et renforcer la résilience de nos économies », a affirmé Amina Selmane, directrice de l’UMA.
À travers cette initiative, la Banque africaine de développement réaffirme son engagement à accompagner les cinq pays membres de l’Union du Maghreb Arabe — l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie — dans la construction d’un espace économique plus intégré, plus compétitif et davantage connecté au reste du continent.
Une feuille de route ambitieuse pour 2026-2029
La mise en place du Comité de pilotage conjoint marque le début d’une nouvelle phase de coopération entre les deux institutions. La feuille de route 2026-2029 prévoit notamment le développement de projets structurants à dimension régionale, la promotion de l’investissement privé et l’amélioration des infrastructures de connectivité.
Dans un contexte où l’intégration économique du Maghreb demeure l’une des moins avancées au monde, la BAD et l’UMA entendent faire de cette coopération renforcée un catalyseur de croissance, d’emplois et de prospérité partagée pour l’ensemble de la région.







