Ouganda : la BAD finance un vaste programme d’irrigation et d’agro-industrialisation à hauteur de 140 millions USD
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) renforce son soutien à la transformation agricole de l’Ouganda. Son Conseil d’administration a approuvé un prêt de 140 millions de dollars destiné à financer un ambitieux programme d’irrigation résiliente au changement climatique et de développement agro-industriel dans la sous-région de Bunyoro.
Cette intervention vise à améliorer la sécurité alimentaire, stimuler la productivité agricole, créer des emplois et renforcer la résilience des communautés rurales face aux effets croissants du changement climatique.
Un financement global de 207 millions de dollars
Le projet représente un investissement total estimé à 207 millions de dollars. Le financement principal sera assuré par le Fonds africain de développement, le guichet concessionnel du Groupe de la BAD, à travers un prêt d’environ 140 millions de dollars.
Des ressources complémentaires proviendront du Fonds de l’OPEP pour le développement international, du Fonds pour l’éradication de la faim chez les enfants d’âge scolaire, ainsi que des contributions du gouvernement ougandais et des bénéficiaires du programme.
Plus de 4 000 hectares irrigués dès la première phase
Le programme prévoit la mise en place d’un système de transport d’eau à grande échelle relié à des réseaux d’irrigation couvrant initialement plus de 4 000 hectares de terres agricoles. À terme, ce dispositif pourrait être étendu à près de 13 000 hectares.
L’objectif est de réduire la dépendance des agriculteurs à l’agriculture pluviale, particulièrement vulnérable aux sécheresses et aux variations climatiques.
Les producteurs bénéficieront également d’un accompagnement technique pour l’adoption de pratiques agricoles adaptées au climat, incluant l’utilisation de semences certifiées, la restauration des sols, l’amélioration de l’élevage ainsi que le déploiement de services vétérinaires mobiles.
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Une chaîne de valeur agricole renforcée
Au-delà de l’irrigation, le programme ambitionne de moderniser l’ensemble de la chaîne de valeur agricole. Des infrastructures de stockage, de regroupement et de chaîne du froid seront mises en place afin de limiter les pertes post-récolte et d’améliorer l’accès des producteurs aux marchés.
Le projet prévoit également des mécanismes de financement et d’accompagnement des entreprises agricoles, des coopératives et des PME rurales afin de favoriser leur développement et leur intégration dans les filières agro-industrielles.
Plus de 13 000 emplois attendus
Selon les estimations de la BAD, plus de 121 000 ménages bénéficieront directement des retombées du programme.
L’initiative devrait permettre la création de plus de 13 000 emplois directs dans les activités agricoles, la transformation agroalimentaire, la logistique et les services ruraux.
Le projet accordera une attention particulière à l’inclusion sociale, avec environ 50 % des bénéficiaires attendus parmi les femmes et 30 % parmi les jeunes.
Par ailleurs, près de 21 000 enfants devraient profiter du renforcement des programmes d’alimentation scolaire reposant sur la production agricole locale.
Un projet aligné sur les priorités de développement de l’Ouganda
Pour Alex Mubiru, directeur général de la Banque africaine de développement pour l’Afrique de l’Est, cette initiative dépasse largement le cadre d’un simple projet hydraulique.
« Il ne s’agit pas simplement d’un projet d’irrigation. C’est un programme qui s’attaque à un obstacle majeur, ouvre des perspectives évidentes, et ce grâce à une approche intégrée, évolutive et axée sur les résultats », a-t-il souligné.
Le programme s’inscrit dans la stratégie de la BAD visant à promouvoir une agriculture résiliente au changement climatique, le développement rural et une croissance économique inclusive sur le continent. Il est également aligné sur le Document de stratégie pays 2022-2026 de l’Ouganda, qui fait du développement des infrastructures agricoles et du soutien au secteur privé des priorités pour accélérer l’industrialisation du pays.
Un levier pour la sécurité alimentaire et la résilience climatique
Face à la multiplication des chocs climatiques et à la pression démographique croissante, l’Ouganda mise sur l’irrigation et l’agro-industrialisation pour renforcer durablement sa sécurité alimentaire.
À travers ce financement de 140 millions de dollars, la Banque africaine de développement entend démontrer que les investissements dans les infrastructures agricoles peuvent simultanément soutenir la croissance économique, réduire la pauvreté rurale et renforcer la résilience des populations face aux changements climatiques.








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