RDC : le FMI boucle sa mission 2026 et valide une nouvelle revue des programmes
Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé sa mission en République démocratique du Congo dans le cadre des consultations Article IV 2026 et des revues des programmes soutenus par l’institution.
À l’issue des discussions menées à Kinshasa du 23 avril au 6 mai 2026, les services du FMI et les autorités congolaises sont parvenus à un accord préliminaire au niveau des services sur la troisième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et la deuxième revue de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).
L’examen final par le Conseil d’administration du FMI est prévu pour juin 2026.
Une économie résiliente malgré les tensions sécuritaires et géopolitiques
Selon le FMI, l’économie congolaise continue de faire preuve de résilience malgré la persistance du conflit armé dans l’Est du pays et les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient. La croissance du PIB réel devrait dépasser 5,5 % en 2025 comme en 2026.
Cette performance est soutenue par le dynamisme de plusieurs secteurs :
• bâtiment et travaux publics (BTP) ;
• services ;
• agriculture.
Ces activités ont compensé un léger ralentissement du secteur extractif.
Inflation maîtrisée et réserves en hausse
Le FMI relève également une amélioration relative des équilibres macroéconomiques.
Depuis octobre 2025, l’inflation annuelle est restée contenue à 2,5 % ou moins, un niveau largement inférieur à l’objectif de 7 % fixé par la Banque centrale du Congo (BCC).
Le taux de change est resté globalement stable depuis fin 2025.
Par ailleurs, les réserves internationales ont poursuivi leur progression pour atteindre 8,8 milliards de dollars à fin mars 2026.
Ce niveau reste toutefois légèrement inférieur au seuil recommandé de trois mois de couverture des importations.
Le FMI appelle néanmoins la BCC à la prudence après les récentes baisses du taux directeur (de 17,5 % à 15 % en janvier 2026, puis à 13,5 % en avril 2026).
Le conflit dans l’Est continue de peser sur les finances publiques
L’institution souligne que la situation sécuritaire dans l’Est du pays continue de fragiliser les finances publiques.
La persistance du conflit, notamment après l’occupation d’Uvira par les rebelles de l’AFC/M23 en décembre 2025, a entraîné des dépenses additionnelles.
Conséquence : le plafond du déficit budgétaire intérieur à fin 2025 a été dépassé d’environ 0,6 point de PIB, malgré de bonnes performances en matière de mobilisation des recettes.
Pour corriger cette trajectoire, le gouvernement prépare une loi de finances rectificative 2026 intégrant :
• des mesures d’augmentation des recettes domestiques ;
• une rationalisation des dépenses non prioritaires ;
• de nouveaux investissements financés par l’Eurobond inaugural.
Le FMI salue l’émission du premier Eurobond congolais
Le FMI a salué la réussite de l’émission du tout premier Eurobond de la RDC.
Selon l’institution, cette opération offre une alternative intéressante aux financements domestiques plus coûteux et peut contribuer à soutenir les investissements productifs.
Le Fonds insiste toutefois sur la nécessité d’une gestion rigoureuse et transparente des ressources mobilisées.
Les autorités sont encouragées à respecter les garde-fous prévus et à renforcer davantage la gouvernance budgétaire.
Lire aussi : Eurobond : la RDC réussit une levée record de 1,25 milliard $
Réformes structurelles et gouvernance au cœur des recommandations
Le FMI note des avancées dans la modernisation des finances publiques, notamment :
• l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP) depuis février 2026 ;
• la déconcentration de l’ordonnancement dans quatre ministères pilotes.
Mais plusieurs réformes restent attendues.
L’institution recommande notamment :
• de limiter le recours aux procédures d’urgence ;
• d’améliorer la gestion des investissements publics ;
• d’accélérer le déploiement du compte unique du Trésor ;
• de mieux encadrer les fonds spéciaux et établissements publics.
Le FMI insiste également sur :
• le renforcement des dépenses sociales ;
• la réforme du marché du travail ;
• l’amélioration du climat des affaires ;
• la lutte contre la corruption et le blanchiment.
Transition climatique : progrès mais vigilance sur les réformes
Sur le volet climatique financé via la FRD, le FMI salue l’adoption anticipée d’une méthodologie d’évaluation climatique ex-ante des projets d’investissement.
En revanche, il appelle à accélérer la révision du code forestier, actuellement en retard.
Les autorités sont invitées à maintenir le rythme pour respecter les prochaines échéances du programme.
Une nouvelle étape avant validation finale en juin
L’accord obtenu marque une nouvelle avancée pour la RDC dans l’exécution de ses programmes avec le FMI.
Sous réserve de validation par la direction générale et le Conseil d’administration, cette étape devrait renforcer l’accès du pays aux financements concessionnels tout en consolidant la stabilité macroéconomique dans un contexte toujours marqué par de fortes vulnérabilités internes et externes.







