BAD et Royaume-Uni renforcent leur alliance pour mobiliser les investissements en Afrique
Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et le Royaume-Uni accélèrent leur coopération financière avec une ambition claire : mobiliser des capitaux à grande échelle pour soutenir une croissance portée par l’investissement sur le continent africain.
Ce partenariat renforcé s’inscrit dans une stratégie visant à élargir l’accès au financement, développer les marchés de capitaux africains et attirer davantage d’investissements privés vers des secteurs jugés stratégiques comme l’énergie, les infrastructures et les minéraux critiques.
L’Afrique au cœur des nouveaux enjeux économiques mondiaux
Le positionnement stratégique de l’Afrique dans l’économie mondiale se consolide à mesure que la demande internationale en énergie propre, infrastructures résilientes et ressources minières critiques s’intensifie.
Le continent concentre environ 30 % des réserves mondiales connues de minéraux ainsi que plus de 60 % du potentiel mondial d’énergie solaire, des atouts majeurs dans le contexte de transition énergétique mondiale.
Ces ressources placent les économies africaines au centre des chaînes de valeur futures liées à l’industrialisation verte et aux technologies propres.
Un financement record de 11 milliards de dollars pour le Fonds africain de développement
La coopération entre la BAD et Londres a récemment franchi une étape majeure avec la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD).
Coorganisée en décembre 2025 à Londres par le Royaume-Uni et le Ghana, cette opération a permis de mobiliser un montant record de 11 milliards de dollars pour le guichet concessionnel de la BAD.
Ce fonds soutient actuellement 37 pays africains fragiles ou à faible revenu.
Le Royaume-Uni y a contribué à hauteur de 603,7 millions de livres sterling, confirmant sa place parmi les principaux bailleurs du mécanisme.
Une offensive pour attirer davantage de capitaux privés
Dans la foulée, Londres a accueilli la première Journée de mobilisation des capitaux privés en Afrique, réunissant institutions de financement du développement, agences de crédit à l’exportation et investisseurs internationaux.
L’objectif : accélérer le passage du dialogue à l’action en améliorant l’accès des investisseurs aux marchés africains.
Les discussions ont porté sur plusieurs priorités :
- la réduction de la perception des risques liés aux investissements africains ;
- le renforcement des partenariats public-privé ;
- le développement de plateformes de financement catalytique.
Les travaux se sont conclus par l’adoption du Communiqué de Londres, présenté comme une feuille de route commune pour intensifier la mobilisation des capitaux privés et élargir les pipelines d’investissement.
Le Royaume-Uni mise sur l’investissement et l’action climatique
Le partenariat s’étend également aux enjeux climatiques et énergétiques.
Le Royaume-Uni figure parmi les principaux contributeurs au Guichet d’action climatique du Fonds africain de développement, avec une contribution de 200 millions de livres sterling destinée à soutenir la résilience climatique et les projets à faible émission carbone.
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Londres finance aussi le Fonds pour l’énergie durable en Afrique à hauteur d’environ 30,7 millions de dollars, afin d’accompagner la préparation de projets et les investissements initiaux dans les énergies renouvelables.
Par ailleurs, le Royaume-Uni soutient l’initiative Mission 300, portée conjointement par la Banque mondiale et la BAD, qui vise à raccorder 300 millions d’Africains à l’électricité d’ici 2030.
Une convergence stratégique autour de la croissance africaine
Le président de la BAD, Dr Sidi Ould Tah, a insisté sur la nécessité de dépasser les approches dispersées.
Selon lui, l’Afrique doit s’appuyer sur des plateformes coordonnées capables de canaliser des capitaux massifs vers des opportunités d’investissement concrètes.
De son côté, la ministre d’État britannique chargée du Développement international et de l’Afrique, Baronne Jenny Chapman, a rappelé la volonté du Royaume-Uni de faire de la croissance un pilier central de sa relation avec le continent.
Un partenariat appelé à se renforcer avant le G20 de 2027
Membre de la BAD depuis 1983 et contributeur du Fonds africain de développement depuis 1973, le Royaume-Uni entretient une relation institutionnelle ancienne avec la banque panafricaine.
À l’approche de sa présidence du G20 en 2027, Londres entend approfondir cette coopération autour de trois axes majeurs :
- mobilisation de capitaux à grande échelle ;
- renforcement des systèmes financiers africains ;
- alignement des investissements mondiaux sur les priorités de croissance durable de l’Afrique.
Cette dynamique illustre la montée en puissance d’une diplomatie économique centrée sur l’investissement productif et l’intégration financière du continent.







