CEDEAO : vers un cadre juridique renforcé contre les activités maritimes illicites en Afrique de l’Ouest
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) travaille à la mise en place d’un nouveau cadre juridique destiné à intensifier la lutte contre les activités maritimes illicites dans la sous-région.
Réunis à Lomé, au Togo, depuis le 28 avril 2026, des experts des ministères de la Justice des États membres examinent un projet d’acte additionnel portant sur la coopération en matière de répression des crimes maritimes.
Un arsenal juridique régional pour mieux sécuriser l’espace maritime
Malgré la baisse progressive de la piraterie dans le golfe de Guinée, l’Afrique de l’Ouest reste confrontée à plusieurs menaces maritimes, notamment :
• les vols à main armée en mer ;
• le trafic de stupéfiants ;
• la criminalité transnationale organisée ;
• les activités illicites affectant les ressources marines.
Face à ces défis, la CEDEAO veut doter la région d’un cadre harmonisé permettant d’améliorer la coopération judiciaire et opérationnelle entre États membres.
L’objectif est double :
• renforcer la sécurité maritime régionale ;
• mieux protéger les ressources naturelles et les échanges économiques.
Un projet soutenu par l’ONUDC et l’Union européenne
Cette rencontre de deux jours est organisée par la Commission de la CEDEAO, en partenariat avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Le projet bénéficie également du soutien de l’Union européenne à travers le programme Safe Seas for Africa, consacré à la sécurité maritime sur le continent.
Selon les responsables présents, ce futur instrument juridique vise à pallier :
• les insuffisances en moyens d’application de la loi ;
• le manque de coordination judiciaire régionale ;
• les contraintes liées à l’échange d’informations entre juridictions.
Entraide judiciaire, extradition et coordination des poursuites
Le ministre togolais de la Justice et des Droits de l’Homme, Pacôme Adjourouvi, a salué l’initiative, estimant qu’elle permettra de renforcer durablement l’architecture juridique régionale.
Le futur texte prévoit notamment :
• l’entraide judiciaire entre États membres ;
• l’extradition des personnes poursuivies ou condamnées ;
• l’échange d’informations et de preuves ;
• la coordination des poursuites pénales.
Pour le ministre, l’adoption de cet acte constituerait une avancée majeure dans l’intégration juridique régionale.
« L’adoption de cet instrument constituera une étape décisive dans le processus d’intégration juridique régionale », a-t-il indiqué.
La CEDEAO veut renforcer l’État de droit et la sécurité maritime
La représentante résidente de la CEDEAO au Togo, Deweh Emily Gray, représentant le commissaire aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, a invité les experts à enrichir le texte et à assurer sa conformité avec les instruments juridiques régionaux et internationaux.
Elle a salué l’engagement des États membres dans la lutte contre l’insécurité maritime ainsi que l’appui des partenaires techniques et financiers.
Prochaine étape : validation ministérielle
À l’issue des travaux techniques, le projet d’acte additionnel doit être finalisé avant sa soumission aux ministres de la Justice de la CEDEAO, attendus à Lomé le 30 avril 2026 pour son approbation.
Son adoption ouvrirait la voie à un cadre juridique modernisé, plus cohérent et mieux adapté aux nouvelles formes de criminalité maritime.
Un enjeu économique et sécuritaire majeur
Au-delà de la sécurité, la lutte contre les activités maritimes illicites représente un enjeu stratégique pour l’Afrique de l’Ouest.
La sécurisation des espaces maritimes conditionne :
• la fluidité du commerce régional ;
• la protection des ressources halieutiques ;
• la stabilité économique des États côtiers.
Avec ce futur cadre juridique, la CEDEAO affiche sa volonté de renforcer la gouvernance maritime régionale et de bâtir un espace plus sûr, mieux coordonné et juridiquement intégré.







