Le corridor Ghana–Mali franchit une nouvelle étape dans son développement. Le 21 avril 2026 à Bamako, le Conseil malien des chargeurs et la Ghana Shippers’ Authority ont signé un protocole d’accord visant à améliorer la fluidité du transit et à optimiser les échanges commerciaux entre les deux pays.
Cet accord stratégique s’inscrit dans une dynamique régionale de facilitation du commerce et de désenclavement des pays sahéliens. L’objectif est clair : réduire les coûts logistiques, accélérer l’acheminement des marchandises et renforcer la coordination entre les acteurs du transport.
Un levier pour renforcer le rôle logistique du Ghana
À travers cette initiative, le Ghana confirme son ambition de devenir un hub logistique majeur pour les pays enclavés d’Afrique de l’Ouest, notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Le pays s’appuie pour cela sur ses infrastructures portuaires, en particulier les ports de Tema et de Takoradi, ainsi que sur les corridors routiers reliant le littoral aux zones sahéliennes.
Le protocole prévoit plusieurs actions concrètes : accompagnement des opérateurs économiques, partage d’informations commerciales, réalisation d’études conjointes et mise en place de mécanismes de suivi des marchandises.
Un comité technique conjoint sera également institué pour assurer la mise en œuvre de l’accord, évaluer les progrès et harmoniser les procédures de transit.
Des contraintes logistiques à lever
Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent dans le transit régional. Parmi eux : les frais de surestaries, la multiplication des contrôles, les contraintes liées à la charge à l’essieu et les enjeux sécuritaires. Ces obstacles continuent d’alourdir les coûts de transport et de ralentir les échanges.
Pour y remédier, les autorités ghanéennes misent sur des projets structurants, dont le terminal logistique de Boankra. Ce projet pourrait générer des économies estimées à 14 % via Tema et jusqu’à 48 % via Takoradi.
Des investissements massifs pour soutenir le corridor
Le renforcement du corridor Ghana–Mali repose également sur d’importants investissements dans les infrastructures. L’extension du port de Tema, dont la capacité atteint désormais près de 3,7 millions de conteneurs, illustre cette volonté, avec un coût estimé à 1,5 milliard de dollars.
Parallèlement, le Ghana a adopté en 2024 une nouvelle loi encadrant la Ghana Shippers’ Authority. Cette réforme vise à mieux réguler les coûts logistiques et à améliorer la compétitivité du transit régional.
Vers une meilleure intégration régionale
En consolidant leur coopération, le Ghana et le Mali posent les bases d’un corridor plus performant, au service de l’intégration économique ouest-africaine. Cet accord devrait contribuer à faciliter l’accès des pays sahéliens aux marchés internationaux, tout en stimulant les échanges commerciaux dans la sous-région.
À terme, le corridor Ghana–Mali pourrait devenir un axe stratégique majeur pour le développement du commerce intra-africain et la compétitivité logistique en Afrique de l’Ouest.







