Une exécution budgétaire globalement maîtrisée
Le Sénégal a clôturé l’année 2025 sur une note relativement maîtrisée sur le plan budgétaire, selon le rapport trimestriel d’exécution du budget publié par le ministère des Finances.
Le déficit budgétaire s’établit à 1 387,5 milliards FCFA, soit 6,44 % du PIB, un niveau inférieur à la cible annuelle fixée à 7,82 % du PIB.
Des recettes solides et des dépenses contenues
Cette performance s’explique par :
- un taux de mobilisation des recettes de 98,8 % (4 477,1 milliards FCFA sur 4 531 prévus)
- une exécution des dépenses limitée à 93,9 % (5 864 milliards FCFA sur 6 242 prévus)
Selon Babo Amadou Ba, économiste et enseignant-chercheur, cette combinaison a permis de contenir le déficit tout en maintenant les engagements budgétaires essentiels.
Un excédent de financement inattendu
Autre fait marquant : le pays a enregistré un excédent de financement de 4,5 milliards FCFA.
- Besoin de trésorerie : 5 371,8 milliards FCFA
- Ressources mobilisées : 5 376,3 milliards FCFA
Soit un taux de couverture de 101,1 %, malgré un contexte marqué par la dégradation des notations par Moody’s (Caa1) et Standard & Poor’s (CCC+) ainsi que l’absence de programme avec le Fonds monétaire international
Les financements proviennent principalement :
- des marchés bancaires et financiers (4 021,1 milliards FCFA, soit 74,8 %)
- des partenaires techniques et financiers (833 milliards FCFA)
- des emprunts rétrocédés (184 milliards FCFA)
Des dépenses publiques structurées
Les principales composantes des dépenses incluent :
- Masse salariale : 1 454,1 milliards FCFA pour 191 507 agents
- dont 58,9 % pour l’éducation et la formation
- Subventions énergétiques : 412 milliards FCFA
- Bourses et allocations étudiantes : 103,8 milliards FCFA
La charge de la dette atteint 1 088 milliards FCFA, en dépassement par rapport aux prévisions, avec :
- 59 % de dette extérieure
- 41 % de dette intérieure
- Une dynamique positive de l’emploi
Le secteur public et le secteur moderne ont contribué à la création d’emplois :
- Fonction publique : +7 872 agents (191 507 au total)
- Secteur moderne : +11 989 emplois
Soit un total de 19 861 emplois créés en 2025.
Des défis persistants sur l’investissement
Le rapport souligne toutefois un faible taux d’exécution des investissements financés sur ressources extérieures (72 %), lié à des lenteurs dans la mobilisation des financements.
Des perspectives de consolidation budgétaire
Le Sénégal prévoit :
- un déficit de 5,37 % du PIB en 2026
- une trajectoire vers 3 % du PIB à moyen terme
Parmi les leviers identifiés :
- renforcement des recettes internes via le Plan de Redressement économique et social (PRES)
- rationalisation des dépenses de fonctionnement
- amélioration de l’exécution des investissements publics
Malgré un environnement financier international contraignant, le Sénégal démontre une capacité de gestion budgétaire relativement solide. Entre maîtrise du déficit, mobilisation efficace des ressources et perspectives de consolidation, le pays confirme sa volonté de renforcer la soutenabilité de ses finances publiques.







