Un symposium national pour repenser la RSE
À Ouagadougou, les autorités burkinabè ont franchi une nouvelle étape dans la structuration de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Réunis le 14 avril 2026 lors d’un symposium national, acteurs publics, secteur privé, universitaires et partenaires au développement ont engagé une réflexion stratégique sur l’institutionnalisation de la RSE.
L’objectif est clair : faire passer la RSE d’une démarche volontaire à une norme structurante, encadrée par un dispositif national adapté aux réalités du pays.
Vers un cadre national co-construit et incitatif
Le président de la Confédération générale des entreprises du Faso (COGEF), Idrissa Nassa, a plaidé pour un cadre « clair, stable et co-construit » avec les entreprises.
Selon lui, la RSE doit devenir un levier de performance, de gestion des risques et de souveraineté économique. Il a insisté sur la nécessité d’éviter toute approche contraignante ou importée, au profit d’un mécanisme incitatif favorisant l’adhésion des entreprises.
Quatre axes pour une RSE adaptée au Burkina Faso
Le secteur privé a identifié plusieurs orientations prioritaires pour structurer la RSE :
- Le développement du contenu local et des chaînes de valeur intégrant les PME
- Le renforcement de la cohésion sociale et des relations avec les communautés
- La prise en compte des enjeux environnementaux
- L’accélération de la transformation économique à travers la production locale
Ces axes visent à aligner les pratiques des entreprises avec les objectifs de développement durable et les priorités nationales.
La RSE au cœur de la souveraineté économique
Représentant le Premier ministre, le ministre d’État Émile Zerbo a inscrit la RSE dans la stratégie globale de reconquête de la souveraineté nationale.
Selon lui, l’industrialisation du pays doit impérativement intégrer des principes de responsabilité sociale, environnementale et économique. Il a souligné qu’une entreprise responsable contribue directement à la stabilité sociale, à la préservation des ressources et à la création d’emplois locaux.
Un cadre normatif sans contrainte excessive
Les autorités ont tenu à préciser que l’institutionnalisation de la RSE ne vise pas à restreindre la liberté d’entreprendre. Il s’agit plutôt de définir des standards communs, de valoriser les entreprises vertueuses et de mettre en place des incitations, notamment fiscales et en matière d’accès aux marchés publics.
L’ambition est de faire de la RSE une norme partagée, sans alourdir inutilement le climat des affaires.
Quatre enjeux clés pour réussir la réforme
Le symposium devra répondre à plusieurs questions structurantes :
- Quels piliers pour une RSE adaptée au contexte burkinabè ?
- Comment l’articuler avec les objectifs d’industrialisation et de souveraineté ?
- Quel cadre légal et incitatif mettre en place ?
- Quel rôle pour chaque acteur (État, entreprises, société civile, universités) ?
Un point de départ pour une transformation durable
Pour les autorités, ce symposium marque le début d’un processus de transformation. L’État entend jouer un rôle de régulateur, de facilitateur et de catalyseur, tout en laissant aux entreprises la responsabilité de mettre en œuvre des pratiques durables.
À terme, l’institutionnalisation de la RSE pourrait devenir un levier majeur pour concilier croissance économique, cohésion sociale et préservation de l’environnement au Burkina Faso.







