La Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la Tanzanie à « B+ » avec une perspective stable, reflétant la solidité relative de ses fondamentaux économiques malgré un environnement international incertain.
Une croissance soutenue et une inflation maîtrisée
Selon Fitch, cette notation repose sur une croissance économique robuste et une inflation contenue, soutenues par des réformes structurelles et l’appui financier du Fonds monétaire international.
Le pays devrait enregistrer une croissance du PIB d’environ 6 % en 2026 et 2027, un niveau supérieur à la médiane de 4,5 % observée dans la catégorie des pays notés B.
Cette dynamique est tirée par :
- l’expansion du secteur agricole,
- le développement de l’activité minière,
- et les investissements dans des infrastructures majeures, notamment la ligne ferroviaire à écartement standard et l’oléoduc d’Afrique de l’Est reliant l’Ouganda à la Tanzanie.
Des vulnérabilités liées aux chocs externes
Malgré ces performances, Fitch souligne plusieurs risques. Le secteur agricole reste exposé aux aléas climatiques, susceptibles d’affecter la stabilité macroéconomique.
Par ailleurs, les tensions géopolitiques, notamment le conflit en Iran, pourraient peser sur l’économie tanzanienne. Une part importante des importations stratégiques du pays dépend en effet des États du Conseil de coopération du Golfe.
Environ 62 % des importations de carburant et près de 40 % des engrais proviennent de cette région, ce qui expose la Tanzanie à des perturbations d’approvisionnement et à une hausse des prix.
Un secteur touristique également exposé
Le tourisme, pilier de l’économie nationale, pourrait également être affecté. Une part significative des flux touristiques transite par le Moyen-Orient, rendant le secteur vulnérable à une prolongation des tensions.
Selon Fitch, un conflit durable pourrait entraîner des pressions sur l’inflation, les réserves de change et la croissance économique.
Une trajectoire de dette en amélioration
Sur le plan budgétaire, la Tanzanie affiche des perspectives encourageantes. La dette publique devrait reculer à 47 % du PIB en 2027, contre 50 % en 2025, soit un niveau inférieur à la médiane des pays notés B.
Cette évolution s’explique par la réduction du déficit budgétaire, estimé à 3 % du PIB, et par la croissance soutenue de l’économie.
Toutefois, Fitch alerte sur la vulnérabilité liée à la part élevée de la dette extérieure, qui représente environ 68 % du total, exposant le pays aux fluctuations du taux de change.
Des perspectives conditionnées aux réformes
L’agence précise qu’une dégradation de la note pourrait intervenir en cas de baisse durable des réserves de change ou d’une hausse de l’endettement.
À l’inverse, une amélioration dépendrait du renforcement des réserves et d’une consolidation des politiques macroéconomiques.
Une économie résiliente mais sous surveillance
En confirmant la note B+ avec perspective stable, Fitch souligne la résilience de l’économie tanzanienne, tout en mettant en avant les défis liés à l’environnement international.
La capacité du pays à maintenir ses réformes et à gérer les risques externes sera déterminante pour préserver sa stabilité économique à moyen terme.







