Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé son évaluation post-financement 2026 de la République du Congo, mettant en évidence une économie en reprise fragile, marquée par une croissance modérée mais des vulnérabilités persistantes.
Une croissance freinée par plusieurs facteurs
Selon l’institution de Bretton Woods, la reprise économique du Congo a ralenti en 2025. La croissance, estimée à 2,4 % après 2,1 % en 2024, a été freinée par la faiblesse des investissements publics, les perturbations dans l’approvisionnement énergétique et la morosité du secteur des hydrocarbures.
Par ailleurs, le déficit du compte courant s’est creusé à 5,8 % du PIB, sous l’effet combiné de la baisse des cours du pétrole et du niveau élevé des importations, notamment dans le secteur gazier. L’inflation, quant à elle, s’est stabilisée autour de 2,6 % en moyenne en 2025, après des tensions initiales.
Des finances publiques sous pression
Le FMI pointe un affaiblissement de la discipline budgétaire en 2025. Les dépassements de dépenses, conjugués à une baisse des recettes pétrolières, ont accentué les déséquilibres. Le déficit primaire hors hydrocarbures s’est ainsi creusé à 8,7 % du PIB.
Dans le même temps, la dette publique demeure élevée, atteignant 97,2 % du PIB à fin 2025. L’accumulation d’arriérés, tant internes qu’externes, met en lumière des insuffisances persistantes dans la gestion de la dette, malgré les efforts engagés par les autorités avec l’appui du FMI et d’autres partenaires.
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Un cap de redressement pour 2026
Face à ces tensions, le budget 2026 traduit une volonté de redressement. Les autorités congolaises s’engagent à renforcer la mobilisation des recettes hors hydrocarbures, tout en réorientant les dépenses vers les investissements productifs et les programmes sociaux.
Le FMI insiste toutefois sur la nécessité d’une discipline budgétaire rigoureuse, d’une meilleure gestion des finances publiques et d’une transparence accrue afin d’éviter de nouveaux dérapages.
Des risques élevés malgré une capacité de remboursement stable
Si la capacité du Congo à rembourser le FMI est jugée globalement satisfaisante, les risques restent élevés. L’économie demeure fortement exposée à une éventuelle chute des prix du pétrole ou à un durcissement des conditions de financement sur les marchés régionaux.
Dans ce contexte, l’institution recommande d’accélérer les réformes structurelles, d’améliorer le climat des affaires et de diversifier l’économie pour renforcer sa résilience.
Gouvernance et réformes au cœur des priorités
Le FMI appelle également à intensifier les réformes en matière de gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. Ces leviers sont jugés essentiels pour stimuler l’investissement privé et soutenir une croissance plus inclusive.
Enfin, l’institution souligne l’importance de renforcer la supervision bancaire, dans un contexte d’exposition accrue des établissements financiers au risque souverain.








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