Le groupe nigérian Dangote franchit une nouvelle étape dans son expansion industrielle en Afrique avec la signature d’un accord gazier de 4,2 milliards de dollars avec le conglomérat chinois GCL. Cet engagement stratégique vise à alimenter une future usine d’engrais en Éthiopie, un projet d’envergure qui confirme les ambitions du groupe sur le continent.
Ce partenariat énergétique s’inscrit dans la continuité d’un projet industriel déjà lancé avec Ethiopian Investment Holdings. L’objectif est la construction d’un complexe de production d’urée estimé à 2,5 milliards de dollars, dont Dangote détient 60 %, contre 40 % pour la partie éthiopienne. La mise en service de cette infrastructure est prévue pour 2029.
L’accord avec GCL constitue un levier essentiel pour sécuriser ce projet. Il garantit un approvisionnement en gaz naturel sur une durée de 25 ans, assurant ainsi la stabilité énergétique nécessaire au fonctionnement de l’usine. Pour Dangote, il s’agit d’un élément clé dans sa stratégie visant à renforcer l’industrialisation africaine et à réduire la dépendance du continent aux importations de produits transformés.
Du côté chinois, ce partenariat est également perçu comme un modèle de coopération renforcée entre l’Afrique et la Chine. Selon Zhu Gongshan, président de GCL, cette initiative ne se limite pas à la fourniture de gaz : elle englobe aussi le développement d’infrastructures, notamment des pipelines, ainsi que la production industrielle d’engrais.
Ce projet intervient dans un contexte mondial marqué par une forte tension sur le marché des engrais. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement, accentuées par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, ont rendu l’accès aux engrais plus incertain. Environ un tiers du commerce mondial d’engrais transite par le détroit d’Ormuz, une zone devenue particulièrement sensible.
Dans ce contexte, Dangote Fertilizer Limited bénéficie déjà d’une hausse de la demande. L’entreprise enregistre une augmentation des commandes, portée par des acheteurs en quête de fournisseurs alternatifs. Son vice-président, Devakumar Edwin, explique cette dynamique par la hausse des prix du gaz naturel et les difficultés logistiques observées à l’échelle mondiale.
Basée à Lagos, l’usine actuelle de Dangote dispose d’une capacité de production de 3 millions de tonnes par an, avec près de 37 % des volumes exportés vers les États-Unis. Fort de cette position, le groupe ambitionne désormais de dépasser le Qatar et de devenir le premier exportateur mondial d’urée dans un délai de quatre ans.
En parallèle, Dangote poursuit le développement de ses capacités industrielles à travers de nouveaux partenariats technologiques. L’objectif est clair : augmenter la production tout en améliorant la performance environnementale, dans un contexte où la durabilité devient un enjeu majeur pour l’industrie.







