Sénégal : des milliards attendus de la renégociation des contrats stratégiques
Le gouvernement du Sénégal poursuit la renégociation de plusieurs conventions et contrats dans des secteurs clés de l’économie nationale. Le 12 mars 2026, le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté les premiers résultats de ces travaux, qui concernent notamment les mines, les hydrocarbures, les infrastructures, l’hydraulique et l’énergie.
Selon les autorités, l’examen de ces accords a permis d’identifier d’importants manques à gagner pour l’État, liés notamment à des exonérations fiscales excessives et à des redevances non perçues.
Plus de 1 000 milliards FCFA de pertes identifiées
Les investigations menées par le comité chargé de la revue des contrats ont mis en évidence un manque à gagner estimé à 1 075,9 milliards de FCFA, résultant de taxes et de redevances non perçues ainsi que d’avantages fiscaux jugés injustifiés.
Dans le secteur des mines et de l’industrie, le comité s’est notamment penché sur la convention liant l’État aux Industries Chimiques du Sénégal (ICS).
Selon les conclusions présentées, le pays aurait subi plus de 200 milliards de FCFA de redevances impayées, en plus d’exonérations et d’avantages douaniers accordés sans base légale.
Cimenteries : 418 milliards FCFA de manque à gagner
Le gouvernement a également examiné la situation des cimenteries opérant dans le pays. Les analyses font état d’un manque à gagner cumulé de 418 milliards de FCFA pour les quatre entreprises du secteur.
Pour corriger ces déséquilibres, les autorités ont décidé de réaligner l’ensemble des cimenteries sur le régime fiscal et douanier prévu par le Code de 2016, puis sur le futur code en préparation.
Ce réalignement pourrait générer des gains annuels estimés à 360 milliards de FCFA pour les finances publiques.
Retrait de 71 titres miniers
Dans le secteur des mines et carrières, les autorités ont également annoncé le retrait de 71 titres miniers pour non-respect des engagements contractuels.
Ces retraits concernent notamment :
- 14 titres liés à l’or
- 8 titres sur l’argile
- 5 titres sur le basalte
- 8 titres sur le calcaire
- 14 titres sur la latérite
- ainsi que des titres liés au sable, au kaolin et au grès.
Les autorités ont indiqué que tous les titres ne respectant pas les obligations contractuelles feront l’objet d’une renégociation ou d’une résiliation.
Hydrocarbures : priorité à l’approvisionnement local
Dans le secteur des hydrocarbures, le gouvernement a engagé des discussions avec les partenaires opérant sur le projet gazier Grande Tortue Ahmeyim (GTA), développé conjointement avec la Mauritanie.
Pour Dakar, l’objectif est de prioriser l’approvisionnement du marché local en gaz naturel à partir de ce gisement, entré en exploitation l’année dernière.
Selon les estimations du gouvernement, cette mesure pourrait générer près de 900 milliards de FCFA de gains entre 2026 et 2040, auxquels s’ajouteraient 1 090 milliards de FCFA de recettes fiscales liées à la fourniture de gaz au marché domestique.
Le bloc Yaakaar-Téranga dans le viseur
Concernant le bloc gazier Yaakaar‑Téranga, l’État sénégalais envisage de récupérer le projet sans frais, dans le cadre d’une révision globale de la stratégie énergétique nationale.
Le gouvernement examine également la possibilité de résilier plusieurs blocs pétroliers, dans le but de mieux défendre les intérêts économiques du pays.







