Le Kenya franchit une nouvelle étape dans l’intégration financière africaine. Pesalink, le principal réseau de paiement instantané du pays, a conclu un partenariat stratégique avec le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) afin de faciliter les paiements transfrontaliers en monnaies locales.
La signature de l’accord s’est tenue le 26 février 2026 à Nairobi, en présence de Gituku Kirika, PDG de Pesalink, et de Mike Ogbalu III, Directeur général du PAPSS.
Des virements instantanés 24h/24 et 7j/7 en monnaies locales
Grâce à cette collaboration, les participants au système PAPSS peuvent désormais effectuer des paiements transfrontaliers instantanés vers les banques et opérateurs financiers mobiles kenyans, directement en monnaies locales.
Cette innovation :
- Supprime une grande partie des exigences liées aux correspondants bancaires
- Réduit la dépendance aux devises de réserve étrangères
- Accélère les règlements entre institutions financières africaines
Plus de 80 banques, fintechs, SACCO et opérateurs télécoms kenyans connectés à Pesalink sont désormais reliés à plus de 160 banques commerciales et fintechs africaines utilisant la plateforme PAPSS.
Une réponse aux coûts élevés des transferts en Afrique
Les paiements transfrontaliers en Afrique restent coûteux et lents. Selon le rapport 2023 de la Banque mondiale, les frais moyens d’envoi d’argent à travers les frontières africaines atteignent 7 à 8 % du montant transféré, contre 6 à 7 % au niveau mondial. Les délais de règlement peuvent aller de trois à sept jours ouvrables.
Le partenariat Pesalink–PAPSS ambitionne de :
- Réduire significativement les coûts de transaction
- Accélérer les règlements
- Faciliter le commerce régional pour les particuliers, PME et entreprises
Lire aussi : PAPSS : une plateforme de change pour les devises africaines en 2025
Un levier pour l’intégration financière africaine
Le PAPSS, initiative portée par la African Export-Import Bank (Afreximbank) en collaboration avec l’Union africaine et le Secrétariat de la ZLECAf, vise à simplifier les paiements intra-africains et à soutenir le commerce continental.
Pour Mike Ogbalu III, la collaboration avec des infrastructures nationales comme Pesalink est essentielle pour maximiser l’impact du système :
« Pesalink est le premier commutateur que nous avons testé pour la terminaison des transactions au Kenya, et nous constatons déjà une adoption croissante. »
De son côté, Gituku Kirika souligne que les banques kenyanes pourront désormais offrir à leurs clients des paiements transfrontaliers plus rapides et moins chers, favorisant ainsi le développement des échanges régionaux dans une économie numérique de plus en plus intégrée.
Vers une Afrique plus connectée financièrement
Avec cette interconnexion stratégique, le Kenya consolide son rôle de hub financier en Afrique de l’Est. L’initiative pourrait servir de modèle à d’autres marchés africains cherchant à réduire les frictions monétaires et à accélérer l’intégration économique continentale.






