Le Gabon suspend droits et taxes pour préserver le pouvoir d’achat
Face à la hausse persistante des prix, le gouvernement du Gabon a décidé de suspendre, pour une durée de six mois, plusieurs droits et taxes sur des produits de première nécessité. L’objectif est clair : préserver le pouvoir d’achat des ménages, contenir les effets de l’inflation et garantir l’approvisionnement du marché en biens essentiels.
Selon un communiqué du ministère gabonais de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, chargé de la Lutte contre la Vie Chère, la mesure porte sur :
- Les droits et taxes à l’importation
- La taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
- La redevance de scanning
Des produits alimentaires et matériaux de construction concernés
La suspension fiscale s’applique à des produits largement consommés, notamment :
- Viande, volaille et poisson
- Produits laitiers et conserves
- Riz, pâtes alimentaires
- Huiles et sucre
Dans le secteur du bâtiment, les taxes sont également levées sur :
- Le fer à béton
- Le ciment
- Le gravier
- Le sable
Cette extension au secteur de la construction vise à limiter la hausse des coûts des logements et, indirectement, des loyers.
Lire aussi : Gabon : exonération TFH pour les lieux de culte
Répercussion obligatoire sur les prix
Les autorités appellent importateurs, grossistes et détaillants à répercuter intégralement la baisse des charges fiscales sur les prix finaux. Des contrôles seront effectués et un numéro vert mis à la disposition des consommateurs afin de signaler toute pratique abusive.
Une réponse à un contexte inflationniste persistant
La mesure intervient dans un contexte de tension sur les prix et de spéculation sur certains produits essentiels. Selon la dernière note de conjoncture du ministère de l’Économie, l’inflation annuelle moyenne a atteint 1,8 % à fin septembre 2025, contre 1,4 % un an plus tôt.
Pour compléter ce dispositif, le gouvernement a annoncé en 2025 la création d’une centrale d’achat, dont la mise en service est prévue en avril 2026. Cette structure négociera directement avec des producteurs internationaux afin d’importer du riz, du blé et d’autres denrées stratégiques, distribuées ensuite aux grossistes à prix unique.
Un effort budgétaire dans un contexte fragile
La suspension des taxes représente un manque à gagner significatif pour les finances publiques. Le pays fait face à un ralentissement de ses secteurs extractifs clés — notamment le pétrole et le gaz naturel — avec des baisses respectives de production de 4,3 % et 1,7 % à fin 2025.
Parallèlement, les dépenses de personnel et le service de la dette continuent d’augmenter, avec des créances nettes en hausse de 11,1 % en un trimestre.
Dans ce contexte économique contraint, le gouvernement qualifie cette suspension fiscale d’« effort budgétaire substantiel », assumé pour protéger les ménages et préserver la stabilité sociale face à la vie chère.







