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Libye : le dinar dévalué de 14,7 % face aux déséquilibres économiques
La Banque centrale libyenne (CBL) a annoncé, le dimanche 18 janvier, une dévaluation de 14,7 % du dinar libyen, dans un contexte de fragilité macroéconomique persistante, marqué par l’explosion des dépenses publiques, l’absence de cadre budgétaire unifié et la baisse des recettes pétrolières.
Le taux de change officiel est désormais fixé à 6,37 dinars pour un dollar, contre 5,43 dinars auparavant. Il s’agit de la deuxième dévaluation en moins d’un an, après un ajustement de 13,3 % en avril 2025, qui avait porté le taux officiel à 5,56 dinars pour un dollar.
Une réponse aux tensions sur le marché des changes
Selon la Banque centrale, cette décision vise à réduire les distorsions croissantes entre le taux officiel et le marché parallèle, où le dollar s’échange désormais au-delà de 9 dinars, reflet d’une perte de confiance et d’un déséquilibre structurel de l’offre et de la demande de devises.
L’institut d’émission pointe plusieurs facteurs internes :
- l’absence persistante d’un budget national unifié,
- la hausse jugée insoutenable des dépenses publiques des deux gouvernements rivaux,
- la duplication des dépenses hors cadres officiels,
- et la fragmentation institutionnelle, qui entrave toute coordination des politiques économiques.
Le choc pétrolier, un facteur aggravant
À ces déséquilibres internes s’ajoutent des variables économiques internationales défavorables, en particulier la baisse des prix du pétrole, principale source de devises du pays. La Libye, malgré ses réserves prouvées estimées à environ 48 milliards de barils, peine à stabiliser ses revenus pétroliers en raison des interruptions de production et de la volatilité des cours.
Les hydrocarbures représentent environ 60 % du PIB, 90 % des recettes budgétaires et 95 % des exportations, exposant fortement l’économie aux chocs externes.
Une économie paralysée par les divisions politiques
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye demeure plongée dans une instabilité politique et sécuritaire chronique. Deux exécutifs se disputent le pouvoir :
- le gouvernement de Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par la communauté internationale ;
- l’administration de Benghazi, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar, qui contrôle une grande partie de l’est et du sud du pays avec l’appui de puissances étrangères.
Cette dualité du pouvoir se traduit par une fragmentation de la gestion économique, compliquant la mise en œuvre de réformes structurelles et affaiblissant la crédibilité de la politique monétaire.
Des effets économiques à double tranchant
Si la dévaluation du dinar libyen pourrait, à court terme, améliorer les recettes publiques libellées en devises et réduire certaines pressions sur les réserves, elle comporte également des risques inflationnistes élevés dans un pays largement dépendant des importations.
Dans un contexte d’incertitude institutionnelle persistante, cette mesure illustre surtout les limites de l’ajustement monétaire en l’absence de réformes budgétaires et politiques coordonnées.







