Le Gabon a lancé, ce 27 novembre 2024, un nouvel emprunt obligataire sur le marché financier de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). Cette opération, ouverte jusqu’au 29 décembre, vise à lever 80 milliards FCFA (129 millions USD) à travers trois tranches de titres.
L’emprunt se décompose en :
- 60 milliards FCFA, avec un rendement annuel net de 6,60 % ;
- 10 milliards FCFA, offrant un taux de 6,75 % sur 4 ans ;
- 5 milliards FCFA, rémunéré à 7 % sur 5 ans.
Chaque titre est émis à 800 FCFA, mais une part significative de 700 FCFA est réservée aux investisseurs particuliers.
Ces fonds serviront à financer une partie du Plan de Développement Triennal 2024-2026, axé sur la promotion de l’entrepreneuriat et le soutien aux entrepreneurs sociaux, afin de redynamiser l’économie nationale.
Sous la direction du général Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon ambitionne de :
- Réduire son déficit budgétaire, estimé à 5,1 % du PIB en 2025 ;
- Contenir un niveau d’endettement projeté à 80 % du PIB ;
- Stimuler l’investissement public pour donner un nouveau souffle à son économie.
Cependant, ces objectifs se heurtent à des défis, notamment le respect des exigences de la COBAC (Commission Bancaire de l’Afrique Centrale) en matière de transparence et de gouvernance.
Pour orchestrer cette levée de fonds, le Gabon a fait appel à plusieurs intermédiaires financiers, dont :
- BEM Securities, en tant qu’arrangeur principal ;
- ASCA ;
- Afriland Bourse & Investment ;
- Yaoundé Capital ;
- EDC Investment, filiale d’Ecobank Cameroun.
Ces institutions auront pour mission de convaincre les investisseurs et d’assurer la réussite de l’opération, malgré les reproches formulés par la COBAC sur certains manquements aux normes financières.
Le Gabon attend également une décision du régulateur concernant sa demande d’une pondération nulle sur cet emprunt. Cette mesure permettrait aux banques souscriptrices de bénéficier de garanties financières accrues pour leurs investissements dans ces titres.
Malgré ce contexte complexe, l’emprunt devrait renforcer la stabilité financière du pays et appuyer la relance économique, notamment par des investissements publics structurants.







