La société financière Moody’s Corporation, propriétaire de Moody’s Ratings, a annoncé le 8 juillet 2024 l’acquisition de Global Credit Rating Company Limited (GCR), une agence de notation opérant sur le marché africain. Cette acquisition survient deux ans après que Moody’s ait pris une participation majoritaire de 51 % dans GCR. En prenant le contrôle total de l’agence, Moody’s cherche à étendre ses activités sur l’ensemble du continent africain.
Selon Rob Fauber, président et chef de la direction de Moody’s, « GCR joue un rôle crucial en fournissant des informations claires aux investisseurs sur les marchés de crédit nationaux en croissance rapide en Afrique, contribuant ainsi au développement économique du continent« . Il a également exprimé la satisfaction de Moody’s de renforcer sa présence en Afrique grâce à cette acquisition stratégique.
GCR, sous la bannière de Moody’s, continuera d’opérer sous son nom actuel tout en développant « ses propres méthodologies de notation ». L’agence évalue déjà les institutions financières, les entreprises, les émetteurs du secteur public et les transactions structurées en Afrique, avec des bureaux en Afrique du Sud, au Nigéria, au Sénégal, au Kenya et à l’île Maurice. Marc Joffe, directeur général de GCR, a souligné que « l’acquisition complète de GCR par Moody’s offrira l’opportunité de développer davantage de solutions répondant aux besoins variés des clients, y compris les notations de crédit et les capacités ESG« .
Cette démarche de Moody’s intervient alors que de plus en plus de critiques émergent concernant les évaluations des agences internationales en Afrique. En septembre 2023, le MAEP, une branche de l’Union Africaine, avait critiqué les « lacunes significatives » des méthodes des agences étrangères en Afrique, soulignant que la perception du risque d’investissement était souvent exagérée par rapport à la réalité. Moody’s, Fitch et S&P avaient été particulièrement pointées du doigt pour leurs erreurs de notation influençant les décisions de financement et les flux de capitaux mondiaux.
En réponse, l’Union Africaine prévoit de lancer sa propre agence de notation cette année pour offrir une évaluation « objective » du risque d’investissement et aider les États à mobiliser des ressources à des taux plus compétitifs.







