La centrale thermique Sunon Asogli, d’une capacité de 560 MW, a annoncé la suspension de ses activités depuis le 8 octobre 2024, en raison d’arriérés de paiement estimés à 259 millions de dollars. Cette situation est due à l’accumulation de dettes de la Compagnie d’électricité du Ghana (ECG), qui n’a pas honoré ses engagements financiers vis-à-vis de la centrale, détenue par des capitaux chinois.
Dans un communiqué publié le 16 octobre, la direction de Sunon Asogli a expliqué ne plus pouvoir couvrir ses charges d’exploitation, ce qui a mené à cette décision radicale. La société a précisé que ses difficultés financières résultaient directement des impayés de l’ECG, mettant en péril la continuité de la fourniture d’électricité.
Le secteur énergétique du Ghana est depuis plusieurs années en proie à une crise financière marquée par des dettes massives envers les producteurs indépendants d’électricité. Les infrastructures de transport d’électricité défaillantes entraînent une perte de 30 % de la production, tandis que les prix de vente aux consommateurs restent inférieurs aux coûts de production.
En 2022, le déficit financier du secteur électrique ghanéen était estimé à 1,32 milliard de dollars, aggravé par les arriérés de paiement. Cette situation a mis en difficulté plusieurs centrales thermiques comme celles de Takoradi, Kpone I, Kpone II et Sunon Asogli, qui contribuent à une capacité de production nationale de 6639 MW.
Comme dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, le Ghana subventionne le prix de l’électricité, souvent au détriment des ressources financières nationales. Cette politique, bien que populaire, met en péril la viabilité des opérateurs privés.
Face à cette impasse, les experts recommandent une révision des politiques tarifaires pour refléter les coûts réels de production, rendant ainsi le secteur attractif pour les investisseurs. Toutefois, cette solution pourrait impliquer des hausses des prix de l’électricité, un choix difficile dans un contexte où 40 à 50 % de la population africaine n’a pas encore accès à l’électricité.
La suspension des activités de Sunon Asogli révèle une fois de plus les faiblesses structurelles du secteur énergétique au Ghana. Sans une solution rapide aux impayés et une réforme en profondeur du modèle économique du secteur, la stabilité énergétique du pays pourrait être sérieusement compromise, avec des conséquences sur l’ensemble de l’économie.







